memoire de Plouider
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Une 2CV intercommunale
Article mis en ligne le 4 septembre 2012
dernière modification le 12 septembre 2012

par GAC Yvon
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"Deux chevaux" pour deux communes

Dans les années 50, après la Guerre, le pays se reconstruit et les communes réorganisent leur fonctionnement en s’adaptant à la modernisation qui accompagne le développement. Très vite, à Plouider, on ressent le besoin de disposer d’une automobile communale. Pour faire face à la dépense, la municipalité choisit de s’associer avec la commune voisine et de partager les frais avec Goulven.

Le 2 août 1951, « Le Conseil Municipal de Plouider, considérant
- que l’accroissement des besoins des populations rurales, tant au point de vue sécurité, ravitaillement, hygiène, police, etc.., exige des transports appropriés aux circonstances de la vie nouvelle ;
- que le territoire de la commune est étendu et privé de moyens rapides de transports, les lignes de cars automobiles ayant un itinéraire forcément limité et invariable ;
- que seule une auto municipale achetée à frais communs et proportionnels entre communes limitrophes peut permettre aux représentants des communes et de leurs agents de se transporter rapidement jusqu’aux villages les plus éloignés, distants parfois d’une dizaine de kilomètres du chef-lieu, ou les uns des autres, et dans lesquels la population est très dense ;
- que cette dépense de première acquisition peut être prélevée sur les disponibilités du budget sans imposition nouvelle ;
- qu’elle répond aux vœux des habitants des villages disséminés et trop souvent privés de communications rapides, avec les municipalités pour la satisfaction de leurs besoins urgents ;

Décide l’achat en commun d’une automobile avec la commune de Goulven au prorata de la population de ces communes, savoir un tiers pour Goulven et deux tiers pour Plouider ;

Décide de voter un crédit provisionnel de 200.000 francs qui sera inscrit au Budget additionnel ».

Le 25 décembre 1951, « Le Conseil municipal, considérant que par délibération du 2 août 1951, approuvée par M. le sous-Préfet de Brest le 26 septembre 1951, le Conseil municipal a décidé l’achat en commun avec la commune de Goulven d’une automobile pour les besoins des deux communes ;
Considérant que les frais d’acquisition de cette automobile seront réglés par les deux communes, au prorata de leur population, à savoir : 1/3 par Goulven, 2/3 par Plouider ;
Considérant qu’une automobile de marque « Citroën », d’une puissance de 2CV est susceptible de rendre le maximum de services et réunit les conditions nécessaires pour donner satisfaction aux deux Communes ;
Mais attendu que cette société exige, au préalable, lors de la commande, le versement d’un acompte de 35.000 francs,
décide de prélever sur les fonds disponibles de la Commune, la somme de 23.333 francs, somme nécessaire au paiement de cet acompte qui sera versé à la succursale de la société « Citroën » à Brest, la commune de Goulven devant verser les 11.667 F. restants
 ».

Le 21 mars 1952, « Le Conseil municipal, considérant que l’acquisition en commun d’une automobile de marque « Citroën » d’une puissance de 2cv pour les besoins des communes de Plouider et Goulven, a été décidé par les Conseils municipaux des deux communes (délib. du C.M. en date du 2.8.51 approuvée par M. le sous-Préfet de Brest le 26.9.51) ;
Considérant que lors de la commande de l’automobile, un acompte de 35.000 francs a déjà été versé entre les deux communes, au compte-courant de la succursale de la société « Citroën » à Brest ;
Considérant que les frais d’acquisition de cette automobile seront réglés par les deux communes, à raison de 1/3 par Goulven et 2/3 par Plouider ;
décide de prélever sur les fonds libres de la Commune, pour permettre le paiement de la part de la Commune dans les frais d’acquisition de cette automobile, une somme de 250.000 francs qui sera inscrite au prochain budget additionnel de la Commune
 ».

Mais comme les voitures particulières, la voiture communale n’est pas à l’abri des accidents et le 6 mars 1953, « Le Conseil municipal, considérant que la voiture automobile « Citroën » appartenant aux communes de Plouider et Goulven, a été endommagée le 5 décembre dernier lors d’une collision ;
Attendu qu’un crédit de 10.000 frs, inscrit au budget de 1953, est insuffisant pour payer les frais entrainés par la remise en état de cette automobile ;

Ouï l’exposé de M. Le Maire qui rappelle que cette automobile était assurée contre les accidents ;

Vote un crédit complémentaire de 50.000 francs qui sera prélevé sur les fonds libres de la Commune, pour permettre le règlement des frais de réparations, et imprévus, étant entendu que cette voiture ayant été acquise en commun avec la Commune de Goulven, cette dernière supportera le 1/3 des frais d’entretien, les 2/3 étant à la charge de la commune de Plouider ».

Quelques années passent et, en 1959, la 2CV communale est victime d’un nouvel accident.

Il faut, cette fois-ci, envisager son remplacement.

Le 22 novembre 1959  : « Le Conseil municipal, considérant que l’automobile achetée au début de l’année 1952, en commun entre les communes de Plouider et de Goulven, pour les besoins des deux municipalités, a été accidentée le 9 novembre dernier ;
Considérant qu’à la suite de cet accident, l’automobile déjà dans un état d’usure très avancé, est devenu inutilisable et pratiquement irréparable ;
Considérant que cette automobile rendait de grands services aux deux municipalités ;

Après avoir entendu l’exposé de M. le maire sur cette question, décide, à l’unanimité, de procéder à son remplacement par l’acquisition d’une automobile de même marque et de même puissance, en commun avec la commune de Goulven et aux mêmes conditions que précédemment, un tiers à la charge de la commune de Goulven, deux tiers à la charge de la commune de Plouider ;
Donne tous accords au maire pour fixer, d’accord avec son collègue intéressé, l’emploi du véhicule ainsi que pour passer commande, signer tous contrats d’achat et marché de fournitures.

Cette automobile coûtera net la somme de 509.243 francs. De cette somme, il y a lieu toutefois de déduire la somme de 40.000 francs représentant la valeur des rares pièces récupérables de l’ancienne et que le vendeur consent à conserver. Le véhicule devant être livré au début de l’année 1960, le Conseil municipal prend l’engagement d’inscrire au budget primitif de cet exercice, la somme de 312.829 francs représentant la somme laissée à sa charge (2/3 de 509.243 F. – 40.000 F.) ».

Quatre ans plus tard, la voiture commune ne justifie plus son utilité.

Le 7 juillet 1964  : « M. le Maire expose au conseil que la voiture automobile 2cv Citroën acheté en 1960 (Mars) en commun avec la commune de Goulven et pour les besoins des deux communes est inutilisée actuellement et depuis plus de deux mois et qu’à son avis il y a lieu, dans ces conditions, de la vendre. Il demande au conseil de se prononcer sur cette question.

Après en avoir délibéré, le Conseil Municipal, considérant que cette automobile appartenant en commun aux deux communes de Plouider et de Goulven est en bon état de marche mais qu’elle est inutilisée ;
décide de la vendre et donne à cet effet pouvoir à M. le Maire pour la vente de cette automobile au plus offrant.

Désigne MM. Tanguy, Prigent Alain et Thomin pour assister M. le Maire lors de la vente qui sera faite avec l’accord de la commune de Goulven ».

Mais les acquéreurs éventuels ne se bousculent pas, semble-t-il, et le 4 août 1964, « M. le Maire a fait connaître à l’assemblée que la voiture automobile intercommunale 2 cv n’a toujours pas été vendue, aucune offre valable n’ayant été faite à ce jour ».

Enfin, le 21 octobre 1964, le Maire peut informer le conseil qu’il a reçu d’un habitant de Tréflez « une demande d’achat de la voiture automobile intercommunale usagée  ».
« Après avoir indiqué à l’assemblée que cette automobile de marque Citroën, d’une puissance de 2cv, sortie en Mars 1960, et qui a déjà parcouru 60.000 kms est bien usagée. Elle appartient aux deux communes de Plouider et de Goulven, dans la proportion suivante : 2/3 à Plouider, 1/3 à Goulven. Il demande à l’assemblée de se prononcer sur cette proposition et de fixer le prix de vente de ce véhicule ».

Le conseil donne, à l’unanimité, un avis favorable pour cette vente au prix de 2.160,00 francs (nous sommes passés des anciens francs aux nouveaux francs depuis l’achat de la voiture neuve !).

Ainsi se terminent les aventures de la 2 CV intercommunale…

Sources  :
. Archives municipales de Plouider, registres des délibérations du Conseil Municipal.


- P.S. : tous souvenirs complémentaires des aventures de la "2cv" qui pourraient enrichir cet article sont les bienvenus !! (les photos ne sont que des illustrations exterieures pour agrémenter l’article... Existe-t-il encore des photos des deux 2cv réelles ?).

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