memoire de Plouider
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Victimes d’Indochine
Article mis en ligne le 28 février 2014
dernière modification le 29 janvier 2014

par GAC Yvon
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Plouidérois, victimes de la Guerre d’Indochine (1946-1954)
(documents fournis par les familles)

- Michel THOMIN, Mort pour la France [11 mars 1945]
. né le 15 novembre 1914 à Plouider, fils de Paul Thomin et Anne Marie Dantec
. célibataire, domicilié au Zéas en Plouider
. maréchal des logis chef au 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale
. matricule n° 9555

. décédé au cours des combats des 9, 10, 11 et 12 mars 1945 à Langson (Tonkin) contre les Japonais : porté disparu le 11 mars.
. Décès confirmé le 7 mars 19149 : tué à l’ennemi.
. Supposé inhumé à Langson (Tonkin) : acte de décès n° 19 de 1949 à Plouider

* Les combats d’Indochine (9 mars – 2 octobre 1945) :
Les combats d’Indochine de 1945 virent la prise, pour quelques mois, de l’Indochine française par l’Empire du Japon. L’invasion du territoire indochinois en 1940 a permis aux Japonais de stationner leurs troupes au Tonkin, tout en reconnaissant l’intégrité territoriale de la colonie française.
Le coup de force japonais fut suivi de brèves périodes d’indépendances du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Des actions de guérilla s’ensuivirent mais la reddition du Japon survint avant qu’une riposte de grande ampleur ne puisse être mis en œuvre par la France. Le résultat fut une situation chaotique au cours de laquelle le Viêt Minh, durant l’épisode dit de la révolution d’Août, s’empara momentanément d’une partie du territoire vietnamien.
Au début de mars 1945, les troupes japonaises sont déployées autour des garnisons françaises. Le 9 mars au soir, l’amiral Decoux, gouverneur général de l’Indochine, reçoit l’ambassadeur japonais Matsumoto pour une réunion de routine. A 19 heures, l’ambassadeur présente un ultimatum exigeant que les troupes françaises passent immédiatement sous commandement japonais. Decoux essaie de gagner du temps, mais les premiers coups de feu éclatent dans Saïgon. L’Opération Mei est déclenchée. A 21 heures, Decoux et ses adjoints sont mis aux arrêts. Entre 20 heures et 21 heures, les garnisons françaises sont attaquées par surprise par l’armée impériale japonaise. Plusieurs officiers administrateurs et officiers français sont exécutés : à Lang Son, le colonel Robert et le résident Auphelle, invité à dîner ce soir-là par leurs homologues japonais, sont arrêtés par surprise et décapités à coup de sabre, de même que le général Lemonnier qui refusait de donner l’ordre de capituler. A Dong Dan, 400 prisonniers sont massacrés. Sur les 34.000 Français métropolitains présents dans la région, plus de 12.000 militaires d’origine métropolitaine, plus de 3.000 sont tués en moins de 48 heures. L’administration coloniale française est détruite de faite. Les postes militaires français à travers toute l’Indochine sont touchés. Les troupes japonaises prennent notamment les citadelles d’Hanoï et de Lang Son et y massacrent les Européens et les troupes annamites, malgré les promesses faites en cas de reddition. Des camps de prisonniers sont créés pour y parquer civils et militaires. Les 6 mois de captivité se solderont par plus de 1.500 disparus. Cette opération désorganise complètement l’administration coloniale.
La Révolution d’Août 1945 se place dans le prolongement du coup de force japonais et va jusqu’à la déclaration d’indépendance de la République démocratique du Viet Nam, au matin du 2 septembre 1945. Cet épisode est l’un des préludes à la guerre d’Indochine proprement dite.

Michel Thomin, qui a participé à ces combats, a été porté disparu le 11 mars 1945 à Langson. La famille a été prévenue le 21 juin 1946 et le décès a été confirmé le 7 mars 1949. Les pertes françaises sont de 199 officiers, 598 sous-officiers et 1.322 hommes de troupe.

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- Roger LARIDON, Mort pour la France [12 avril 1954]
. né le 7 avril 1935 à Plouider, fils de Yves Laridon et Jeanne Le Gall
. célibataire, domicilié à Dourmap
. matelot canonnier à bord du LST "Odet" (Landing Ship Tank), chaland de débarquement

. décédé le 12 avril 1954 de noyade accidentelle dans le port de Saigon : il s’est noyé à 17 heures dans la rivière de Saigon, dans l’enceinte de l’arsenal maritime.
. inhumé dans le cimetière de Plouider, acte de décès n° 3 de 1954 à Plouider.

* Lettre du Capitaine de Corvette BIGENWALD, commandant le L.S.T. ODET – TOURANE, le 19 avril 1954.
« Monsieur,
J’ai le douloureux devoir de vous relater les circonstances dans lesquelles votre fils le Matelot canonnier LARIDON Roger s’est accidentellement noyé l’après-midi du 12 avril près de la forme de radoub du port de Saïgon.
Cet accident s’est produit, le bâtiment étant amarré l’avant au quai ; votre fils avec plusieurs camarades était employé à achever la peinture de la coque à tribord avant et, le travail terminé, vers 16 heures, se trouvait alors à environ six mètres du quai. Lui et ses camarades décidèrent de quitter l’échafaudage sur lequel ils se trouvaient et de regagner le quai à la nage.
Un courant assez violent, produit par le refoulement de la pompe d’assèchement de la forme de radoub, se dirigeait perpendiculairement sur ce point du navire. Présuma-t-il de ses forces ? Toujours est-il que, pris dans ce remous violent, il disparut sous le navire dès qu’il eut quitté l’échafaudage et ses camarades ne purent lui porter secours car ils se trouvaient eux-mêmes en difficulté.
Six minutes après, les services de secours aux noyés du port de Saigon étaient sur les lieux mais, après de nombreuses plongées dans l’eau limoneuse du fleuve, les plongeurs ne retrouvèrent son corps que cinquante minutes après sa disparition.
Monsieur l’aumônier de la Marine à Saïgon se trouvait sur les lieux et lut les prières de circonstances. Les manœuvres de réanimation furent aussitôt entreprises par une équipe de spécialistes sous la conduite d’un médecin, elles durèrent trois heures et quart, moment où hélas le médecin déclara qu’elles étaient désormais vaines.
Le corps fut transporté à l’Hôpital Militaire Grall dans la chapelle duquel, le lendemain 13 avril, se déroula la cérémonie religieuse en présence de nombreux camarades consternés, de son capitaine de compagnie et de moi-même. L’inhumation eut lieu ensuite au carré des militaires du cimetière Massiges de Saïgon, lot n° 10.
Je vous demande de bien vouloir croire à l’immense peine que j’ai ressentie de cette perte et à la part que je prends à votre peine. Votre fils était un excellent matelot, calme, dévoué, qui ne s’était attiré aucun reproche, comme il était, j’en suis sûr, un fils respectueux et aimant ».

L’Odet entrant dans la baie de Toulon

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