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L’électrification de Plouider
Article mis en ligne le 5 mars 2016

par GAC Yvon
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LE RESEAU ELECTRIQUE A PLOUIDER
(1ère moitié du XXème siècle)

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Le 19 mai 1926, le maire de Plouider Maurice Le Bras explique à son conseil municipal qu’il a assisté, le 18 avril 1926, à une conférence de l’ingénieur du Génie rural à Lesneven sur les moyens propres à réaliser l’électrification des communes rurales du département : le moyen le plus efficace pour atteindre ce but étant pour lui la formation de syndicats de communes. A partir de ces explications, le Conseil municipal de Plouider décide de donner une adhésion de principe au syndicat intercommunal en formation dans la région et de demander au Ministre de l’Agriculture le concours du Génie rural, tant pour la formation que pour le fonctionnement ultérieur du syndicat.
Le conseil vote immédiatement une somme de 0,20 francs par habitants, soit 571,40 francs pour la commune, en vue de subvenir aux frais d’études et de préparation des projets définitifs et à toutes les opérations faire par le Comité d’Organisation du Syndicat. Il donne délégation à Yves Le Verge et Laurent Abjean pour représenter la Commune aux séances du Comité du Syndicat et propose la ville de Lesneven comme siège du syndicat.

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La question revient à l’ordre du jour du Conseil municipal le 5 juillet 1931. « Le maire expose les avantages que présenterait pour les habitants de Plouider la distribution de l’énergie électrique en vue de l’éclairage et de la force motrice. Il fait ressortir que la construction et l’exploitation du futur réseau seraient particulièrement facilitées par la constitution d’un Syndicat comprenant les communes des cantons de Landivisiau, Lanhouarneau et Lesneven. Il ajoute qu’il convient de procéder au préalable à des études pour déterminer dans quelles conditions l’œuvre pourra être réalisée et qu’il y a lieu dans ce but de constituer avec les autres communes intéressées un syndicat dont le Comité se mettra en rapport avec le service du Génie rural pour mener à bien l’entreprise ».
« Le conseil, ouï l’exposé de M. le Maire et après en avoir délibéré, décide de donner une adhésion de principe à la formation d’un syndicat intercommunal en vue de la constitution et de l’exploitation d’une distribution d’énergie électrique et de supporter une part des dépenses qui sera fixée lors de la constitution définitive de ce syndicat ». Il se joint aux communes des cantons précités pour constituer, par application des lois des 5 avril 1884, 22 mars 1890 et 13 novembre 1917, et, avec l’autorisation préfectorale, un syndicat chargé de procéder aux études nécessaires à la réalisation de l’entreprise. Il charge le bureau du Comité de ce syndicat de se mettre en rapport avec le service du Génie rural pour poursuivre ces études et notamment pour déterminer les limites de consistance du réseau, le mode d’exploitation, la répartition des dépenses entre les communes et les voies et moyens financiers à employer pour faire face aux frais d’établissement. Il « laisse au Comité du syndicat l’étude et le soin de déterminer chaque fois que besoin sera à la majorité, la part de chaque commune dans les dépenses qui seront engagées par le dit syndicat, la part ainsi fixée devenant une dépense obligatoire pour la commune ».
Le conseil propose que le syndicat n’ait pas de durée limitée, que son siège soit fixé à Lanhouarneau et que les fonctions de trésorier soient confiées à M. Sureau, receveur municipal de la commune de Plouider. Enfin, il demande le concours gratuit du service de Génie rural pour les études du projet du réseau et s’engage à voter les sommes nécessaires au versement de sa participation syndicale. Il délègue Guillaume Branellec (adjoint au maire)et Yves Person (1er maître en retraite) pour représenter la commune aux séances du Comité du syndicat.

Le 14 févier 1932, le maire peut exposer à son conseil que la participation de la commune de Plouider à la construction du réseau syndical serait d’environ 88.500 francs, déduction faite de la subvention de l’Etat. Cette participation assurer l’arrivée d’une ligne haute tension au Bourg et cette nouvelle technologie nécessite des explications :
« Sous la forme haute tension, l’électricité n’est pas directement utilisable, soit pour l’éclairage, soit pour la force motrice. Il est nécessaire, pour la rendre utilisable, d’installer en tout point d’utilisation situé sur le parcours des lignes syndicales un transformateur en des lignes basse tension. Si le point d’utilisation n’est pas situé sur le parcours des lignes syndicales à haute tension, il est nécessaire de construire à partir de ces lignes une ligne haute tension jusqu’en ce point et d’y placer un transformateur en des lignes basse tension. Ces lignes haute et basse tension, ces transformateurs sont à la charge de la commune et constituent le réseau communal. L’Etat peut accorder également pour ces dépenses une subvention. Ces réseaux communaux seront réalisés conformément aux indications données par le Conseil municipal ».

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L’amortissement d’une partie des dépenses ainsi engagées par la Commune sera assuré pour l’institution d’une surtaxe sur le prix de vente de l’énergie, surtaxe dont le produit sera intégralement versé par le concessionnaire au syndicat. Le syndicat répartira le produit de cette surtaxe entre les communes suivant les règles qui seront ultérieurement établies par le Comité. Le Conseil municipal de Plouider s’engage à voter les sommes nécessaires au à la réalisation d’un réseau communal devant alimenter le Bourg, Kerleven et Pen-ar-Vally, avec 2km450 de lignes Bi à 4 fils 38200 sous réserve que l’Etat accorde les subventions qui seront sollicitées pour la réalisation de ce réseau, et « à la condition expresse que le concessionnaire prenne à ses frais les insuffisances incombant à la Commune pour le paiement des intérêts et de l’amortissement de l’emprunt  ». Guillaume Branellec et Yves Person sont reconduits dans leur fonction de représentation de la commune.

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Les choses avancent lentement et le 26 décembre 1935, le maire défend encore le projet d’électrification de la commune devant son conseil : il expose les avantages que présenterait pour les habitants de Plouider la distribution de l’énergie électrique à la fois en vue de l’éclairage et de la force motrice. Il fait ressortir que la construction et l’exploitation du futur réseau seraient particulièrement facilitées par la constitution d’un syndicat de communes comprenant les communes du canton de Lesneven. Aussi, le conseil vote une nouvelle un motion de soutien à ce projet qui a du mal à se concrétiser et désigne Guillaume Branellec et Louis Le Hir pour le représenter.
Les délégués des communes finissent par se réunir à Lesneven le 2 avril 1936 et adoptent un certain nombre de résolutions qui sont acceptées par le conseil municipal de Plouider : celui-ci donne « une adhésion définitive au syndicat intercommunal de Lesneven qui a pour objet l’établissement d’un réseau rural de distribution d’énergie électrique dont l’exploitation sera confiée à un concessionnaire  ». La quote-part de dépenses de Plouider est fixée à 157.300 francs, « étant entendu que la Commune ne paiera que les dépenses réellement faites et acceptées par le génie rural, déduction faite des subventions qui pourront être accordées par l’Etat et éventuellement par le concessionnaire et compte tenu des rabais qui seront consentis au moment de l’adjudication des travaux ». Cette somme comprend 13.100 francs pour un poste de transformation et 34.700 francs pour le réseau communal dont la longueur prévue est de 2.260 mètres. « Cette dernière somme sera augmentée ou diminuée suivant que, sur la demande de la commune, la longueur sus-indiquée sera augmentée ou diminuée  ».
Le siège du syndicat, qui aura une durée illimitée, est fixé à Lesneven et le Préfet du Finistère est chargé de désigner le Receveur syndical. Le service du Génie rural et le service du Contrôle des Distributions d’Energie électrique, chacun en ce qui le concerne, « sont chargés de dresser tous projets, d’étudier tous contrats, de soumettre tant à l’administration préfectorale qu’à l’administration supérieure toutes propositions en vue d’une prompte réalisation du projet  ».

Le 25 janvier 1937, une réunion se tient à Lesneven sous la présidence de M. Jacques Henry, sous-préfet de Brest et, le 31 janvier, le conseil municipal entérine les décisions prises à Lesneven. Il confirme son adhésion au syndicat d’électrification de Lesneven, en adoptant ses statuts et le barème syndical de répartition. Il inscrit à son budget cinq centimes additionnels spéciaux et donne sa garantie aux emprunts que devra contracter le syndicat pour la construction de l’ensemble du réseau (lignes haute tension, lignes basse tension, transformateurs,…). En mai 1938, la Société Générale d’Exploitations et d’Entreprises est désignée comme concessionnaire de la distribution d’énergie électrique sur le territoire du syndicat de Lesneven.

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Durant cette année 1938, les projets d’électrification commencent à prendre forme sur le terrain. Le 24 juillet, le conseil de Plouider approuve un devis établi par M. Poche, ingénieur du Service vicinal à Lesneven, pour l’équipement électrique des bâtiments communaux s’élevant la somme globale de 5.600 francs. Le maire explique que ce projet d’électrification concerne la mairie, la maison d’école de garçons, la maison d’école publique des filles et l’église. « L’installation de l’église a été décidée en vue d’assurer la conservation et les objets la garnissant ainsi que la sécurité des visiteurs en diminuant par là même les risques d’incendie de l’éclairage précédent  ».
Le conseil autorise le maire à traiter de gré-à-gré avec M. Louis Le Hir, électricien à Plouider et vote un emprunt de 5.600 francs auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations pour faire face à la dépense.
Le 23 décembre 1938, le conseil étudie un mémoire présenté par M. Pérot, représentant la Compagnie Générale d’Exploitations et d’Entreprises à Nancy, pour les travaux de branchement électrique aux bâtiments communaux et vote une somme de 1.050 francs pour couvrir tous les frais.
En 1941, l’Entreprise industrielle engagée par le syndicat pour la construction du réseau électrique cantonal réclame un solde de compte des travaux de 62.000 francs, la part réclamée à la commune de Plouider s’élève à la somme de 9.720 francs. « Jusqu’à ce jour, la Commune de Plouider n’a eu aucun effort financier à faire, puisque les versements, par elle effectués, ont été compensés par la part de revenus sur centimes additionnels des rôles supplémentaires de patentes émis au nom du constructeur  ».

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Sources  : archives communales de Plouider


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