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Des missions paroissiales à Plouider
Article mis en ligne le 23 décembre 2016
dernière modification le 28 décembre 2016

par GAC Yvon
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Des missions paroissiales à Plouider

Les missions sont des retraites spirituelles organisées, en situation, dans les paroisses, notamment rurales, sur une période d’une à trois semaines. Des prédicateurs extérieurs interviennent auprès des hommes, des femmes et des enfants. La mission est ponctuée par de nombreux exercices spirituels : processions, adoration du Saint-Sacrement, récitation du chapelet, confessions et messes… Elle se termine par une grande célébration eucharistique et, souvent, une croix ou un calvaire est érigé en un lieu public, parfois le cimetière, pour rappeler la mission.

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Le calvaire de Kerdives, en haut de la côte du Salut, commémore la mission de 1882 : elle avait été érigée au départ dans le cimetière avec une première croix en bois. Elle fut transférée en 1978 : le socle d’origine a été conservé (il porte la date de 1882) et la croix de bois remplacée par la croix et le fût actuel en pierre.

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Cette mission de 1882 ne fut pas la dernière : il y en eut encore au XXème siècle et même après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à sans doute la dernière en 1965 qui est présentée par le Recteur dans sa feuille paroissiale « Le Messager de Plouider », n° 64, octobre 1965. Le Concile Vatican II se termine en décembre 1965, l’Eglise cherche à s’adapter aux changements de la société. Le Recteur de Plouider lui-même se place dans cette perspective à l’occasion de cette dernière mission qui, déjà, ne peut plus être comme les précédentes !

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Yves MEAR, né le 12 octobre 1910 à Cléder, est ordonné prêtre le 22 juillet 1937. Il est nommé recteur de Plouider le 8 juillet 1960 et il y reste jusqu’au 25 octobre 1969.

- La Mission de 1965 :
La date est connue : ce qu’on appelle « le temps fort » de la Mission se déroulera du 24 octobre au 15 novembre. Le dimanche 17, un Père prêchera aux trois messes. Une consigne importante : pour ce premier contact des missionnaires avec la paroisse, que tous les paroissiens assistent à la messe à Plouider ! Un bon départ s’impose. Souvent, qui rate le départ, rate le tout.
Trois semaines à peine nous séparent de la Mission. Il importe donc d’être en état d’alerte, dès maintenant, dans la joie de cette grâce exceptionnelle et dans la prière !... En ce mois du Rosaire, il serait bon que la prière du soir en famille, une dizaine de chapelet soit dite « pour la Mission ». Les malades et les personnes âgées offriront leurs souffrances physiques et morales ainsi que leurs prières pour que les fruits de la Mission soient abondants. Que la messe en semaine soit plus suivie. De leur côté, les lecteurs de l’extérieur du Messager voudront bien unir leurs prières aux nôtres, afin que tous nous préparions le terrain à recevoir la semence que les missionnaires y jetteront.
De cette Mission dépendra, en grande partie, l’avenir religieux de la Paroisse… et le salut éternel d’un grand nombre.
Il est clair que notre prochaine Mission prendra une tournure assez différente de celles qui l’ont précédée… Les conditions de vie ont changé : d’une part, dans beaucoup de cas, la maisonnée se réduit au père, à la mère et aux enfants ; il ne saurait donc être question d’aligner cette Mission sur le modèle des autres ; d’autre part, les besoins spirituels des fidèles sont différents de ce qu’ils étaient au temps où l’on vivait en « vas clos »… tellement différents qu’à certains moment on ne voit plus très bien claire en soi-même !
A temps nouveaux, tactiques et méthodes nouvelles. L’Eglise – comme nous le montre le Concile – ne croupit pas dans l’immobilisme ; tout en restant identique à elle-même car elle est une émanation du Christ qui ne peut pas changer, elle marche avec son temps, elle s’adapte, en mettant l’accent tantôt sur un point tantôt sur un autre.
Le détail de ce que sera notre Mission n’est pas encore définitivement arrêté. Cependant la Circulaire ci-incluse en donne les grandes lignes, que je me permets de délayer un peu afin de mieux préparer les esprits. Je schématise en disant que la Mission doit infuser un sang nouveau à la paroisse, sur le double plan individuel et collectif.
Pour chacun de nous – pour vous paroissiens comme pour nous vos prêtres – la Mission sera une « conversion », c’est-à-dire un détachement de nous-mêmes afin d’être aspirés vers le Christ, notre Sauveur. En effet, guidés, éclairés par nos missionnaires qui ont grâce d’état – ne l’oublions pas – nous approfondirons notre religion et notre foi ; nous examinerons notre comportement chrétien à la lumière de l’Evangile ; nous prierons, nous méditerons, nous prendrons les résolutions que la grâce nous dictera. On voit par là combien et comment une « MISSION » doit faire date dans la vie d’un chrétien resté fidèle à Dieu… et aussi dans la vie d’un baptisé tombé dans le relâchement, la négligence pour une raison qu’il ne m’appartient pas de juger, auquel baptisé le Christ tend « la perche du salut » par le bienfait de la Mission qui s’adresse indistinctement à tous.
Que l’on ne se méprenne pas ! Le but de la Mission, à cette époque, n’est pas tellement d’enseigner (vos prêtres s’en chargent chaque dimanche) – ni d’édifier les fidèles en les « chauffant à blanc » durant quelques jours. Ce serait alors comme un feu de paille… Elle a des visées plus hautes, plus profondes et aussi plus lointaines.
La Mission doit être une « découverte », une prise de conscience par les fidèles et particulièrement par ceux à qui Dieu a le plus donné :
a) des infiltrations du mal dans les âmes, des courants d’idées qui paganisent à leur insu et dont il faut se dégager, des menaces d’avenir contenues dans le brassage actuel des populations occasionnant une certaine standardisation, dans tel milieu de vie et de travail, tel déplacement collectif, tel marché, telle foire, tel loisir, telle exploitation de ceux qui ont de l’argent de poche… où l’on côtoie toutes sortes de mentalités, etc…
b) prise de conscience aussi des valeurs propres à notre temps afin de les fortifier :
. le besoin d’approfondir la religion à une époque où l’on ne se contente pas du « tout cuit », où l’on veut savoir le pourquoi des choses.
. le renouveau liturgique, vraiment inspiré du Ciel pour accrocher notre vie quotidienne aux réalités d’ordre surnaturel.
. le besoin lancinant qu’éprouvent certains à vitaliser les institutions, les structures, sans lesquelles la vie chrétienne ne saurait tenir.
. le besoin de prendre des engagements au plan chrétien comme au plan des institutions profanes… car, dans l’Eglise du Christ, nous tous responsables du prochain : nous sommes tous solidaires comme les maillons d’une chaîne : « Caïn, qu’as-tu fait de ton frère ? »… La conquête – ou la reconquête – est certes l’affaire du prêtre, du laïc aussi. Du fait de la grâce du baptême et de la confirmation, tout chrétien doit avoir, non seulement la hantise de se perfectionner dans l’amour de Dieu, mais aussi la hantise de venir en aide à ceux qui ont – ou qui paraissent avoir – renié les engagements de leur baptême en se mettant en marge de la communauté chrétienne.
La Mission ouvre une fenêtre sur cette double perspective (soi-même et les autres) et par cette fenêtre, le chrétien aperçoit les desseins de Dieu sur lui et la grâce de la Mission viendra l’aider à les réaliser.
Dans une lettre adressée aux prêtres de la zone de Lesneven, voici en quels termes le Père Boissinot, supérieur des missionnaires, présentait la Mission, voici deux ans :
« La zone de Lesneven veut se mettre en mission et fait appel pour cela à des missionnaires pour y exercer leur ministère propre. La mission a pour but de renouveler la foi des chrétiens qui vivent dans cette zone. Cela suppose que nous comprenions bien ce que la foi en Jésus-Christ et toutes les exigences qui en découlent. Les chrétiens doivent accueillir Dieu dans leur cœur, dans tout leur comportement et toutes les activités personnelles et sociales pour devenir ce qu’ils sont réellement : des CROYANTS.
Comment les chrétiens de chez nous reçoivent-ils Dieu, Jésus-Christ et son action dans l’Eglise ? Ils ont peut-être à passer d’une attitude religieuse toute faite, instinctive, dictée par le milieu où ils vivent… à une attitude religieuse personnelle d’offrande de soi à Jésus-Christ et à son Eglise ? Il est difficile d’éduquer en particulier la foi de chacun des pratiquants : ils sont tellement nombreux, - et si différents les uns des autres, appartenant comme hommes à des groupes aux préoccupations et aux intérêts divergents et même opposés.
La mission voudrait tenir compte de cela et, en conséquence, arriver à dégager de cette masse de pratiquants les éléments les plus croyants, les regrouper pour une réflexion sur l’Evangile et sur leur vie chrétienne et former avec eux de véritables noyaux vivants de la communauté chrétienne. Ce sont des chrétiens qui donneront plus tard le plus authentique visage de l’Eglise.
La mission a aussi pour but d’appeler les chrétiens à sauver leurs frères. C’est toute la vocation missionnaire des fidèles groupés dans une Eglise vivante qu’il faudra rappeler et mettre en œuvre le plus possible.
Cela suppose que nous voyions clairement les signes de déchristianisation qui existent déjà dans la vie des hommes de la zone, que nous regardions d’où vient cette déchristianisation, que nous mesurions les influences paganisantes qui viennent de tout un monde extérieur et ouvrent des brèches dans notre société chrétienne. Devant cette déchristianisation la communauté chrétienne doit retrouver le sens de sa vocation missionnaire : le travail sera de dégager les militants, d’en éveiller de nouveaux et d’entraîner la masse vers une ouverture plus grande au rôle des chrétiens dans le monde d’aujourd’hui. Voilà deux buts qui semblent clairs : renouveau des chrétiens et mise en état de mission de ces mêmes chrétiens… En cela nous entrerons à plein dans les perspectives du Concile.

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