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Le manoir de KERGOFF-VRAS
Article mis en ligne le 26 septembre 2019

par GAC Yvon

Le manoir de KERGOFF-VRAS

Les seigneurs et les premiers paysans

Ce manoir était possédé par la branche aînée de la famille DERIAN ou DERRIEN, sieurs de KERGOFF et PRATALAN, en Plouider, blasonnant : « d’argent à la fasce de gueules accompagnée de 6 macles d’azur ».

Derrien (ou Derian) : réformations et montres de 1426 à 1534 (paroisse de Plouider, Cléder et Plouguin), sieur de Pratalan et de Kergoff (paroisse de Plouider) ; sieur. de Kersullien, de Kermenguy et de Kerabret (paroisse de Cléder) ; seigneur de Castelhouloup et de Kerdeniou (paroisse de Plouguin). La branche aînée de la famille abandonne le nom de Derrien pour adopter le nom de Kergoff à partir de 1448, du nom de leur manoir en Plouider

A la fin du XVIIIème siècle, sur le versant septentrional de la vallée de la Flèche, le manoir de Kergoff-vras correspond à une ferme de 19 hectares. Il appartenait à la famille de MARBEUF, originaire de Champs dans la Brie, qui était entrée en possession de propriétés en Basse-Bretagne à la suite de deux mariages au moins :
. En 1663, Claude de MARBEUF, président à mortier du parlement de Bretagne, épouse Louise-Gabrielle du LOUET, fille de feu Olivier, seigneur de COETJUNVAL (Ploudaniel) et de COETMENACH (Plouider).
. Vers 1725, Robert de MARBEUF, fils de Claude, épouse Thérèse de KERGOET, originaire de Guiclan et veuve de Jean-Jacques de PENANCOET, seigneur et marquis de Quillimadec (Ploudaniel). Il s’intitulait « lieutenant général des armées du Roi, grand croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et commandant pour Sa Majesté en la province de Bretagne ». Il était le fils de Claude de Marbeuf et de Louise-Gabrielle du Louet, grand-père de Jacques-Ange et d’Yves-Alexandre de Marbeuf.

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Famille DERIAN ou DERIEN :

. Hervé DERIAN : né vers 1220, chevalier croisé en 1248

. X. DERIAN : né vers 1250

. Guillaume DERIAN : né vers 1300 et décédé après 1382, Sénéchal de Bretagne

. Hervé DERIAN : né vers 1330 et décédé après 1378, Sénéchal de Bretagne.

. Auffroy DERIAN de KERMENGUY (en Cléder) : né vers 1380, seigneur de PRATALAN, Sénéchal de Bretagne, marié (en Normandie) vers 1380 à Marie DU ROZ, née vers 1360 et décédée après 1382, Dame de Kersullien en Cléder. Il scella un aveu en Sibiril en août 1411.

. Yvon DERIAN, seigneur de KERMENGUY et de KERSULLIEN : né vers 1381 à Plouider et décédé après 1418 ; marié vers 1402 à Plouider à Basilie de COETAUDON, née vers 1385 et décédée après 1418, dame de KERABRET et KERMENGUY (en Cléder). Il fit montre à Bourges en 1418. Il possédait un hôtel à Cléder en 1404 et est cité à propos de Plouider dans le compte de l’évéché en 1407.

. Alain Derian fit aveu de son hôtel de Volpéan en Plouider en 1400. Il fut exempté du droit sur l’entrée des vins par le receveur ducal de Lesneven en 1408 et 1420. Il donna une montre à Paris en décembre 1415. Il a paru dans la montre de Jehan de Penhoet pour la libération du duc en juin 1420. Il a scellé le minu de rachat de Coetmenech en mars 1424. Il meurt en août 1430.

. Yves DERIAN de KERMENGUY : né vers 1403 à Plouider et décédé après 1481, marié vers 1431 à Plouider à Marguerite de SAINT-DENIS, née vers 1405 et décédée après 1440.

. Louis DERIAN de KERMENGUY, écuyer, seigneur de Kermenguy et de Kersullien, né vers 1432 à Plouider et décédé après 1481, marié vers 1460 à Plouider à Méance de KERLIVIRY, décédée après 1480 à Plouider.

. Tanguy de KERMENGUY : né vers 1465 à Plouider et décédé après 1503 à Tréflaouénan, marié vers 1499 à Châteaulin( ?) à Plezou de LAUNAY, décédée après 1500, fille de Guillaume de Launay et Françoise de LESQUELEN. C’est Tanguy qui abandonne vers 1500le nom de Derrien pour garder le nom de Kermenguy, de leur manoir de Cléder.

. Guillaume Deryen cède en juillet 1460 ce que son aïeul Yvon Deryen possédait à Runeven et en général à Plouider et Tréflez.

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Famille de KERGOFF.

. Bernard de KERGOFF, arrière petit-fils de Auffroy DERIAN.

. Christophe de KERGOFF, époux en 1502 de Anne LE VEYER.

. Jehan de KERGOFF, archer en brigandine à la montre de 1534 (« filz de Christophe Derien »), mort avant 1540.

. Jehan de KERGOFF, seigneur de PRATALAN, mineur en 1540 et sous la tutelle de Ollivier Coathuon, sieur de Kermaden. Il est archer à la montre de 1534 (« sieur de Penalan »), puis capitaine de Lesneven en 1562.

. Hamon de KERGO, sieur de PRATALAN en 1622, époux de Jeanne TOUTENOUTRE, constructeur du manoir vers 1610.

. Jean de KERGOFF, « seigneur de Pratanlan, Kerdrihouar, La Boissière, Lescoat Bihan, etc… », procureur au siège de Châteaul en 1647, époux (avant 1640) de Marguerite GOURIOU.

A la mort de Jean de Kergoff (après 1674), le domaine de Pratalan est vendu et sans doute aussi celui de Kergoff à la famille de MARBEUF.

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Famille de MARBEUF :

 Claude de MARBEUF, né le 10 juillet 1580 à Nantes et mort en 1661 à Rennes.
.Conseiller et commissaire au Parlement de Bretagne (1606-1607), Conseiller (1607-1612), procureur général (1612-1618), Président à mortier au Parlement de Bretagne (1618-1661)
. Marié le 29 novembre 1599 à Angers à Roberte LE FEBVRE de LAUBRIERE (née vers1582 Angers, décédée le 2 avril 1646 à Rennes)

 Claude MARBEUF, né le 17 janvier 1625 à Rennes et décédé le 26 septembre 1698 à Rennes.
. Seigneur de LAILLE, Chevalier de l’Ordre de Malte, Conseiller au Parlement de Bretagne (1643, charge vendue 90.000 livres en 1657), Président à mortier au Parlement de Bretagne (1657-1679, charge vendue 150.000 livres en 1679).
. Marié le 6 janvier 1646 à Jeanne CADIO (1630-1667)
. Remarié le 9 juin 1663 à Louise Gabrielle du LOUET, née vers 1640, fille d’Olivier du LOUET, seigneur de Coetjunval (Ploudaniel) et Coetmenech (Plouider), et de Catherine du Penhoadic.
. Deux fils :
. Robert Jean de MARBEUF, né vers 1668 et décédé vers 1736, comte de Marbeuf, Lieutenant général des armées du roy, commandeur de l’ordre de Saint-Louis, marié vers 1710/1725 à Anne Thérèse de KERGOET, née vers 1685, fille de Yves et Anne Cariou, veuve de Jean-Jacques de PENANCOET, Chevalier, Marquis de Penancoet, seigneur de QUILLIMADEC. Robert de MARBEUF se dit « lieutenant général des armées du roi, grand croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et commandant pour Sa Majesté de la province de Bretagne ».

. Charles de MARBEUF.

 Charles de MARBEUF, Chevalier, Comte du Gué, né le 15 mai 1667 à Rennes et décédé le 11 octobre 1724 au Château du Gué (Sevron 25).
. Président à mortier du Parlement de Bretagne (1713-1724)
. Marié le 29 avril 1689 à Carhaix à Jeanne de MUZILLAC (1676-1724), fille de Lois et Guyonne du LOUET, dame de Penenvern.

 Claude de MARBEUF, né le 2 mars 1702 à Rennes et décédé après 1746 à Rennes.
.Président à mortier au Parlement de Bretagne (1724).
. Marié le 14 novembre 1723 à Anne de KEROUZY
. Deux fils :
. Jacques Ange de MARBEUF
. Yves de MARBEUF

 Jacques Ange de MARBEUF, décédé le 31 janvier 1789
. Marquis de Marbeuf, Maréchal de camp, Gentilhomme de la manche du duc de Berry.
. Marié en 1757 à Henriette Françoise MICHEL (né en 1738 à Nantes et décédée le 5 février 1794 à Paris sur la guillotine).

Yves Alexandre de MARBEUF, né le 17 mai 1734 à Rennes et décédé le 15 avril 21799 à Lubeck.
. Archevêque de Lyon.

Jacques-Ange de MARBEUF, marquis de Marbeuf, maréchal de camp, propriétaire de Kergoff-vras, mourut le 31 janvier 1789. L’un de ses héritiers fut son frère Yves-Alexandre de MARBEUF, archevêque de Lyon. Né vers 1734 à Rennes ou dans les environs, il fut d’abord appelé à occuper le siège épiscopal d’Autun, avant d’accéder, en 1788, au siège de primat des Gaules. Il refusa le serment à la Constitution civile du clergé et émigra en Allemagne où il mourut le 15 avril 1799. Au début de la Révolution, l’archevêque possédait donc 15 fermes à Plouider, soit 165 hectares, dans les villages suivants : Kergoff, Boulvas, Pen-ar-Créac’h, Coatibars, Créac’h-Gunval, Kerleven-Bihan, Poulbrouan, Pen-ar-Valy, Kerveuleugant, Keraïlis, Kerbiquet, Guengamprou, Kerlien.

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La vente du manoir de Kergoff-vras a lieu le 7 vendémiaire An III, soit le 28 septembre 1794, et la mise a prix est de 15.000 livres. Un avocat de Lesneven, Le Bourc’h, agissant pour Jean BERGOT, locataire, emporta l’enchère au troisième feu pour 20.100 livres contre Mathurin Testard, notaire à Lesneven, et Charles Baligant, « premier sculpteur de la Marine » à Brest.

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Premières familles de paysans.

Le manoir de KERGOFF-Vras constituait une ferme de 19 hectares dont le loyer annuel était de 600 livres à la veille de la Révolution. La maison manale « à deux étages » (en fait un niveau et un grenier) était couverte d’ardoise. Elle avait une longueur de 16,84 mètres sur 6,69 mètres et une hauteur de 5,67 mètres. Des escaliers extérieurs permettaient d’accéder aux « chambres hautes », c’est-à-dire à l’étage. Le bâtiment comportait 4 ouvertures de porte (3 du côté midi et une au nord). L’écurie était dans l’alignement de la maison, séparée par un mur de refend. Au levant, existait une « petite maison à texier », appelée ty stern.

Famille MADEC - KEROULLE
. François MADEC, né vers 1639, est marié à Geneviève SEGALEN. Ils sont installés au manoir de Kergoff Vras où naissent leurs enfants : Françoise (1674), Jeanne (1679), Hervé ( ?), Marie Michelle (1683), Michel (1684), François (1688).
. Hervé KEROULLE, né en 1667 à Lanhouarneau, épouse le 9 juillet 1697 à Plouider Françoise MADEC, née en 1674 à Kergoff. Ils ont 1 enfant : Michel (né le 23 avril 1707 et décédé le 26 juin 1707). Françoise meurt quelques mois plus tard. Hervé Kéroullé se remarie le 24 novembre 1710 avec Jeanne MERCIER. Ils ont 3 enfants : Hervé (1711), Suzanne (1715) et Marie (1717).

FAMILLE SOUTRE
. Yves SOUTRE, né le 22 mars 1689 à Kerbiquet, a épousé le 10 janvier 1719 à Plouider Claudine ABYVEN. Ils s’installent au manoir de Kergoff où naissent leurs 7 enfants : François (1720), Jean (1722), Anne (1724), Claudine (1726), Marie (1728), Marie Jeanne (1731) et Jeanne (1736).

Famille ABALLEA
. François ABALLEA (né le 25 novembre à Cozporz) et Louise LE ROY (née le 13 septembre 1710 à Coatmenach), mariés le 18 janvier 1739 à Plouider. Ils vivent d’abord à Coatmenach où naissent leurs enfants avant de venir s’installer au manoir de Kergoff-vras vers 1760. Ils y décèdent tous les deux : Louise Le Roy le 13 avril 1774 et François Aballea le 2 avril 1776.
Deux de leurs enfants nés à Coatmenach restent vivre à Kergoff-vras :
. Noël ABALLEA, né le 7 juin 1744, épouse le 3 août 1763 à Plouider Marie Anne Tanguy, né le 14 juin 1742 à Lestevennec Bras. Ils ont trois enfants à Kergoff : François (1765), Marie Yvonne (1767) et Jean (1769). Noël Aballea décède le 8 juin 1772, à l’âge de 27 ans et Marie Anne Tanguy se remarie le 10 juillet 1776 à Pierre Madec dont elle a une fille Claudine, née à Kergoff le 28 décembre 1777.
. Catherine ABALLEA, née le 17 février 1747, mariée à Jean BERGOT.

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LA FERME DE KERGOFF-VRAS à la Révolution

L’estimation des biens confisqués à la famille Marbeuf qui possédait 15 fermes dans la commune (14 pluviose an II, 2 février 1794), donne une description de la ferme de Kergoff-vras La maison d’habitation comportait « deux étages » (en fait, un étage et un grenier) et était couverte d’ardoises. Elle était longue de 16,84 mètres, large de 6,69 et haute de 5,67. Un escalier extérieur permettait d’accéder aux « chambres hautes », c’est-à-dire à l’étage.
Elle comportait quatre ouvertures de porte : trois du côté du midi et une au nord. L’écurie, qui se situait dans l’alignement de la maison, en était séparée par un mur de refend. Au levant se trouvait « une petite maison à texier » appelée ty stern. Autour et aux abords de l’aire est mentionnée la présence de quatre petits jardins, de deux granges, d’une longère de crèches séparée en trois, d’un vaux et d’une place à emmulonner.
Le tout occupait une superficie de 59 cordes, soit 73 ares. On considérait par ailleurs que « 27 journaux et 25 cordes » (soit 13,65 hectares) de l’exploitation étaient « sous terres chaudes », c’est-à-dire de bonnes terres, « 8 journaux et 79 cordes » (soit 4,5 hectares) « sous terres froides » et « un journal et 22 cordes, sous pré » (soit 63,7 ares). Les 19 hectares de la ferme étaient répartis en 55 parcelles, d’une superficie moyenne de 32,72 ares, chacune ayant son nom. Le loyer annuel de la ferme de Kergoff-vras s’élevait à 600 livres.

Jean Bergot se porte acquéreur de sa ferme de Kergoff-vras lors de la vente des biens des émigrés décidée en janvier 1794 : la vente eut lieu le 7 vendémiaire an III (28 septembre 1794) et la mise à prix était de 15.000 livres. Outre Le Bourch, avocat de Lesneven, qui « faisait pour le citoyen Bergot », deux « enchérisseurs » se présentèrent : Mathurin Testard, notaire à Lesneven, et Charles Baligant, de Brest, « premier sculpteur de la Marine ». Au troisième feu, Testard fit monter les enchères de 19.000 à 20.000 livres, cependant que Le Bourch l’élevait à 20.100 livres. Il n’y eut pas d’enchère au quatrième feu et Jean Bergot acquit ainsi sa ferme de 19 hectares pour un prix intéressant. Il n’acheta pas d’autres biens nationaux mais, comme beaucoup d’autres paysans aisés, il profita de l’occasion qui se présentait pour devenir propriétaire de son exploitation.

Famille BERGOT
. Jean BERGOT, né le 15 novembre 1746 à Rodalvez, épouse le 22 juillet 1772 à Plouider Catherine Aballea. Près de trois mois avant la célébration du mariage, il fut décidé par contrat que chacun des conjoints apporterait une somme de 600 livres en dot. Ils n’eurent pas à partager la ferme de Kergoff-vras avec le frère de Catherine car Noël mourut six semaines avant le mariage de sa sœur..
Ils ont 5 enfants nés à Kergoff : François (1774, décédé à 16 mois), Yves Marie (1776, décédé à 6 semaines), Jean-Marie (1779), Jean-François (1786, décédé à 3 semaines) et Marie Louise (1788, décédée à 4 jours). Leur mère Catherine décède à son tour à Kergoff le 13 juin 1788, 3 semaines après la naissance du dernier enfant.
Jean Bergot, qui avait 42 ans lors du décès de sa femme, se remarie sept mois plus tard le 28 janvier 1789 à Plouider avec Suzanne PARC, née le 17 décembre 1769 au Carpont, hameau voisin du manoir de Kergoff-vras. Celle-ci n’a pas encore 20 ans, soit 23 ans de moins que son époux. Cinq semaines avant le mariage, un contrat de mariage avait été conclu devant notaire : Jean Bergot s’obligeait à mettre en sa future communauté la somme de 300 livres ; de leur côté, les parents de Suzanne Parc promettaient de donner à leur fille une somme identique. Ils ont également 5 enfants nés à Kergoff : Marie Anne Guillemette (1790), Alain (1794), Augustin Marie (1796), Marie Jeanne (1798) et Marie Jeanne (1800). Jean Bergot décède à Kerbiquet le 27 décembre 1812 et Suzanne Parc décède le 26 février 1848 à Kergoff.

. Jean Marie BERGOT, fils de Jean et Catherine Aballea, né le 8 juin 1779, épouse le 3 novembre 1804 à Plouider Jeanne GUILLAUMA, né le 1er janvier 1780 à Sibiril. Ils ont un fils Jean Marie (1807), mais Jeanne décède le 29 novembre 1811 à Lesneven. Jean Marie se remarie le 5 février 1812 au Folgoët avec Jeanne ANTON, née le 3 février 1785 au Folgoët. Ils ont 4 enfants nés à Kergoff : Marie Jeanne (1814), Goulven Marie (1816), Alain Louis (1818) et Jean Didier (1820). Jeanne Anton décède le 8 janvier 1852 à Kerbiquet.

. Alain BERGOT, fils de Jean et Suzanne Parc, né le 10 février 1794 à Kergoff, épouse le 23 novembre 1815 Marie Françoise MADEC, née le 28 janvier 1795 à Torranéach. Ils ont onze enfants nés à Kergoff : François (1817), Marie Jeanne (1819), Suzanne (1820), Marie Anne (1822), Augustin (1824), Claude (1826), Jean Marie (1828), Marie Françoise (1830), Yves (1832), Louise (1835) et Benjamin (1837). Marie Françoise Madec décède à Kergoff le 11 septembre 1837 et Alain Bergot décède le 14 novembre 1872 également à Kergoff-Vras.

. Augustin BERGOT, fils d’Alain et Marie-Françoise Madec, né le 29 juillet 1824 à Kergoff, épouse Marie BERTHOU. Ils sont installés à Kergoff Vras où ils ont 4 enfants : Marie Anne Noëlle (1853), Marie Geneviève Françoise (1856), Jean Claude Marie (1857) et Yves Jean Louis (1859).

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JEAN BERGOT, FABRIQUE, MAIRE et JUGE DE PAIX.

La Fabrique était un conseil de 14 membres chargé de gérer le budget de la paroisse : douze anciens trésoriers formant « le corps politique » et deux trésoriers en exercice appelés « fabriques ». Jean Bergot est nommé à cette charge en 1788 avec Yves Féroc et ils rendirent compte de leur année de gestion le dimanche 7 février 1790 lors d’une réunion du conseil dans la sacristie, « lieu habituel des réunions », en présence du recteur et du corps politique. Jean Marie Bergot avait été fabrique en 1781, 7 ans avant son frère aîné. Ces fonctions étaient réservées aux paysans riches et aisés : les fabriques étaient cooptés et comme les membres du corps politique étaient liés les uns aux autres par un réseau d’alliances matrimoniales, il y nommaient de préférence des personnes de leur clan.

Au début de la Révolution, lors de la création des communes à partir des anciennes paroisses en 1790, les habitants de Plouider élirent leur recteur François Picart comme premier maire et Jean Bergot comme premier procureur de la commune. Le procureur représente le roi mais aussi les contribuables au conseil général de la commune. Mais le recteur refusa de prêter le serment de fidélité à la Constitution et fut donc remplacé dans son fonction maire par Jean Bergot élu le dimanche 13 novembre 1791 : « l’honorable homme Jean Bergot obtint 53 voix au premier tour et fut proclamé maire à la satisfaction de l’assemblée qui lui a témoigné le juste tribut d’éloges dus à ses talents, à son expérience et à ses vertus ». Il ne resta que treize mois à la tête de la commune : le 2 décembre 1792, il est élu juge de paix par l’assemblée primaire du canton de Lesneven (53 voix sur 94 exprimées) et comme il ne pouvait pas cumuler les deux fonctions, il ne se représenta pas aux élections municipales de Plouider le dimanche 9 décembre. Il est remplacé par Jean Marie Tanguy de Lestevennoc.

Le canton de Lesneven avait deux juges de paix : l’un pour la ville et l’autre pour les campagnes sur les communes de Plouider, Trégarantec et Languengar. Jean Bergot succédait à Christophe Aballéa de Mespérenez. Il fut réélu le 15 novembre 1795 et son second mandat dura jusqu’au 25 mars 1798 où la loi ne conserva qu’un seul juge de paix pour le canton ; il devint alors l’un des assesseurs d’Ursin Le Gall de Lesneven. Le juge de paix devait régler de nombreuses affaires de familles (comme apposer des scellés après décès avant de procéder à l’inventaire des biens) et arbitrer toutes sortes de différends et de conflits entre particuliers. Jean Bergot recevait les plaignants « au bureau de Kergoff-vras », à son domicile, tous les jeudis à partir de 10 heures, assisté de son greffier : larcins, vols, coups et blessures, dettes non payées, contestation de propriétés, destruction des cultures par des animaux en divagation, …


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