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memoire de Plouider
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12 . Guillaume SPARFEL, recteur de Plouider (1931-1944)
Article mis en ligne le 27 juin 2022
dernière modification le 13 mars 2022

par GAC Yvon

Guillaume SPARFEL, recteur de PLOUIDER (1932-1944)

Guillaume SPARFEL est né le 30 avril 1874 à Trobily en Plounévez-Lochrist, fils de Jean Sparfel et Marie Anne Jacq, qui s’étaient mariés le 13 juillet 1862 à Plounévez-Lochrist.

"L’an mil huit cent soixante quatorze le trente avril à dix heures du matin, Devant nous Laurent Inisan, maire de Plounévez-Lochrist, canton de Plouescat, arrondissement de Morlaix, département du Finistère, Officier de l’Etat civil soussigné, Est comparu Jean Sparfel, cultivateur, âgé de trente neufs ans, domicilié à Trobily en cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe Masculin, né ce matin à quatre heures et demie dans sa demeure au dit Trobily de lui déclarant et de Marie Anne Jacq son épouse, cultivatrice, âgée de trente un ans, et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de Guillaume.
Les dites déclaration et présentation faites en présence de Claude Porhel, âgé de soixante ans, et de Guy abaziou, âgé de cinquante ans, les deux cultivateurs en cette commune.
Et après lecture faite, le père et les témoins ont déclaré ne savoir signer
".

En 1898, il est ordonné prêtre.
En 1899, il est nommé vicaire à Logonna-Daoulas.
En 1908, il est nommé vicaire à Plougastel-Daoulas.
En 1922, il est nommé recteur de Saint-Thonan.
En 1931, il est nommé recteur de PLOUIDER

L’abbé Guillaume SPARFEL fut recteur de Plouider du 29 décembre 1931 au 26 décembre 1944 et ne quitta sa chère paroisse que contraint par la fatigue et la maladie. En 1945, il est prêtre résidant à Plounévez-Lochrist où il décède le 1er novembre 1946. Une des grandes joies de sa retraite aura été de chanter une dernière fois la messe à Plouider pour la clôture de la Mission, en février 1946, et de présider la grande procession où Notre Dame des Malades, hissée sur un superbe chariot, reçut des paroissiens un accueil triomphal.

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La vie de Guillaume Sparfel ( Kannadig Plouider, n° 2, 3, 4, 6, 7, 8 et 9 janvier-août 1947).

- Les origines :

A la gauche de la route qui conduit de Lochrist à Plouescat, dès la sortie de l’agglomération, se trouve, blotti dans le creux d’un vallon, le village de Trobily. C’est là que naquit M. Sparfel, le 30 avril 1874. Le jour même il fut porté à l’église paroissiale pour y être baptisé.
Guillaume SPARFEL appartenait à une famille de dix enfants. La ferme n’était pas bien grande et le père devait travailler dur pour nourrir tout son monde. Jamais pourtant, il ne consentit à mettre ses enfants en service chez les autres, il préférait se priver lui-même. On cite de lui ce joli trait que jamais, pendant sa vie, il ne goûta le vin, exemple suivi par son fils qui fut toujours (ceux qui ont vécu avec lui le savent) d’une sobriété exemplaire. Dans ce foyer chrétien et travailleur, Guillaume Sparfel fut élevé durement : la discipline est stricte. Il s’y plie facilement, car il est d’un caractère sérieux. De bonne heure sa piété se développe et surtout sa dévotion pour « an Aotrou Krist » à laquelle il restera fidèlement attaché toute sa vie, et la douceur de la vieillesse sera de venir couler ses derniers jours à l’ombre de l’antique chapelle, d’y célébrer sa dernière messe.
Les prêtres de la paroisse ont discerné en lui les signes de la vocation. Ils se chargent de l’envoyer au collège de Lesneven poursuivre ses études. Il y sera un collégien calme, studieux, appliqué. Brillant ? Non, mais bon élève quand même, un fort en thème. Et tout naturellement, son collège terminé, il entre au Séminaire où, de toute son âme, avec le sérieux qui le caractérise, il se prépare au sacerdoce. Pendant ses vacances, il aura sa chambre au presbytère car, chez lui, la maison, bien petite, est déjà remplie par la nombreuse famille. Il sait reconnaître l’hospitalité qu’on lui donne : toujours dévoué, prêt à rendre service, serviable à merci, donnant des leçons aux futurs séminaristes.

- Le prêtre :

Il est ordonné prêtre en 1898. Il n’a jamais rougi de sa pauvreté, bien au contraire, et le jour de son ordination il dira : « Je n’ai rien le jour de mon sacerdoce, je veux mourir aussi pauvre ». Et il tiendra parole, se dépouillant volontairement de ses économies quelques années avant sa mort, au profit des œuvres.
1898. C’est l’heureux temps où les prêtres sont plus nombreux que les places à leur donner, où Quimper peut en « prêter » aux diocèses voisins. L’abbé Sparfel passe quelques mois à Locunolé, avant d’être nommé vicaire à Plougastel-Daoulas. Il se donne tout entier à son ministère, et quelqu’un de bien placé pour l’apprécier montre d’une façon pratique quelle confiance et quelle estime il a pour le jeune prêtre. En effet, son recteur, M. Tanguy, est nommé, en 1904, curé de Plougastel-Daoulas. Il profite de la première vacance dans sa cure pour obtenir que M. Sparfel redevienne son vicaire en 1906. Et c’est à Plougastel, pendant 16 ans, que l’abbé Sparfel va donner de magnifiques preuves de son dévouement aux âmes.
Guillaume Sparfel devient donc, en 1906, vicaire à Plougastel-Daoulas. Son frère, plus jeune, l’y rejoindra en 1909, comme instituteur. Si bien que bientôt, pour toute la paroisse, l’abbé Guillaume ne sera plus que « An aotrou Sparfel koz ». Et sous ce nom, il devient vite légendaire, connu et aimé de tout le monde, j’allais écrire « adoré », puisque ce mot est parfois employé dans un sens profane.
Quelles sont donc ses qualités ? Oh, ce ne sont pas les talents extérieurs qui dominent chez lui. D’abord, il chante mal. Par contre, il prêche bien, non pas qu’il soit très orateur, ni doué d’une forte voix. Mais il est claire, il se fait comprendre de ses auditeurs, il parle un langage précis et imagé, il se met à la portée de tous. Mais ce qui, surtout, le fait aimer, c’est sa bonté, c’est son dévouement. Il est bon, toujours doux, toujours accueillant et aimable, toujours secourable aux misères du corps et de l’âme. Il est de bon conseil, d’un solide bon sens. Et tout naturellement les paroissiens viennent à lui, sachant qu’il fera tout pour les aider, qu’il est prêt à toujours s’oublier lui-même pour les autres.

- Le vicaire de Plougastel-Daoulas :

Il est dévoué. Il se lance dans les œuvres et on peut voir en lui un précurseur. Avec l’assentiment de son curé, il bâtit un patronage et il y fait du… cinéma. Mobilisé à Brest comme infirmier pendant la guerre 14-18, il vient tous les dimanches où il peut s’échapper faire marcher ses œuvres à Plougastel.
Il se dévoue aux vocations sacerdotales (partout où il passera, ce sera une de ses grandes préoccupations). Il sait discerner les vocations et combien parmi ses anciens paroissiens lui doivent la leur. Il leur prodigue et son temps, pour les leçons, et son aide financière. Le voici un jour en face d’un neveu qui vient de terminer ses études primaires. Entrée en matière : « Tiens, voilà un souvenir pour toi », et il lui offre sa montre. Et la conversation s’engage :
- « Est-ce que tu ne serais pas heureux d’être prêtre ?
- Ma foi, si »
- Tu veux bien entrer au collège ?
- oui »
- C’est bon, je vais m’occuper de toi, tu rentreras en octobre, je vais m’occuper de tout ! ».
Et ce jour-là, dans un champ de panais, où la scène se passait, fut décidée une vocation.
S’il peut ainsi aider les futurs prêtres, s’il peut venir en aide à toutes les misères qui le sollicitent ou qu’il découvre de lui-même, c’est qu’il na pas besoin de grande chose lui-même. Ses goûts sont simples, il reste toujours « pauvre d’esprit », comme il l’a désiré le jour de sa prêtrise. Prêtre simple et bon, dévoué et surnaturel : tel est le souvenir que Plougastel garde d’An Aotrou Sparfel Koz, souvenir toujours vivant aujourd’hui – malgré les années écoulées depuis son départ.

- Le recteur de Saint-Thonan :

En 1922, M. Sparfel est nommé recteur de Saint-Thonan. Dans cette chrétienne paroisse, cette presque communauté religieuse où l’on reste fidèle aux traditions de foi avec une âme de chouan, il va se donner tout entier à son ministère pastoral. Peu de temps lui suffit pour connaître tous ses paroissiens et aussi pour gagner leur sympathie. C’est qu’il n’est pas fier, le bon recteur, on sent qu’il aime « causer » avec tout le monde, petits et grands, et sa conviction ne manque pas de sel. Son zèle à visiter les malades est particulièrement remarqué : la fatigue n’existe pas pour lui lorsqu’il s’agit d’apporter aux misères humaines le réconfort de sa présence et de ses consolations.
Son activité à Saint-Thonan, de 1922 à 1931, est bien grande. Il fait bâtir une école libre de filles qui se peuple bien vite. Il dote son égalise de beaux ornements et de splendides vitraux, contribuant largement lui-même à toutes ces dépenses. Et les paroissiens savent gré à leur recteur de son zèle à embellir leur église. Et pourtant, c’est à Saint-Thonan que M. Sparfel connaîtra une des plus dures épreuves de sa vie. Le bien ne peut se faire sans susciter la haine et la persécution.
Dans ses épreuves, la sympathie, l’appui de la très grande majorité de ses paroissiens ne lui firent pas défaut. Ils se traduisirent souvent même d’une façon pas trop chrétienne que réprouvait le recteur avec un bon sourire. Cela se manifesta même par une grève scolaire dont, entre parenthèses, se réjouirent fort les élèves, heureux de cette bonne aubaine ! En définitive, toute cette campagne de haine et de calomnie contre un saint prêtre se termina à la grande confusion de ceux qui l’avaient déclenchée, et M. Sparfel en sortit encore plus aimé et plus vénéré.
Peut-être M. Sparfel eut-il de la peine à quitter un poste où il laissait une bonne partie de son cœur, mais c’était un homme de devoir et, lorsque la confiance de Monseigneur l’appela à Plouider, il y vint, non sans regret, mais presque sans un regard en arrière.

- Le recteur de Plouider :

Avouons tout simplement que M. Sparfel fut gâté par la Providence tout au long de son ministère sacerdotal. Après Plougastel et Saint-Thonan, le voici en 1931 à Plouider où il aura le bonheur de se trouver encore parmi une population profondément chrétienne qui, comme les précédentes, lui vouera rapidement estime et affection. Il y restera 13 années, s’usant petit à petit au service des âmes. Plouider lui doit son patronage et les vitraux de son église.
Il se trouve ici en plein pays de vocations, sacerdotales et religieuses. Il les favorise de tout son pouvoir et se trouve tout heureux, le bon Recteur, de compter un jour à sa table dix-huit séminaristes, tous ses paroissiens ! Il est toujours accueillant et bon pour eux, comme il l’est pour tous es confrères du voisinage. Sa bonté : sans une hésitation, à la veille et en pleine préparation de son grand pardon annuel de Notre-Dame-des-Malades, il ira conduire un confrère au chevet de sa mère mourante.
Vint le temps de l’Occupation. Il sut toujours rester digne en face de l’ennemi, aussi bien en chaire que dans ses rapports avec lui. Il eut beaucoup à souffrir. Le presbytère entier fut occupé, recteur et vicaire durent chercher refuge chez leurs paroissiens. Un jour même, M. Sparfel fut arrêté dans des circonstances qui auraient pu devenir graves mais qui, Dieu merci, ne furent qu’une tragi-comédie. Il est de notoriété publique qu’un neveu de M. Sparfel joua son « petit » rôle dans la Résistance et donna pas mal de fil à retordre à ces Messieurs. Or donc, ce neveu avait prêché un dimanche à Plouider. Que se passa-t-il ? Une dénonciation probablement, mais assez vague. Toujours est-il que la police allemande se présente au Recteur, demandant le prêtre qui avait prêché le dimanche précédent, un « grand prêtre, qui parlait anglais et allemand ». Par bonheur, ils faisaient leur enquête dans la seconde semaine qui suivit la dite prédication ! Aussi le Recteur put-il répondre en toute sincérité : « Mais c’est moi-même, renseignez-vous ». Et dans leur lourdeur germanique, ces Messieurs ne se rendirent pas compte du décalage d’un dimanche. Fureur de leur part. Perquisition sévère chez le Recteur. Confiscation de son poste de T.S.F. Finalement, ils emmènent M. Sparfel à Brest et, après un minutieux interrogatoire, finissent par le relâcher, assez tard dans la soirée, sans se préoccuper évidemment de savoir comment il pourra rejoindre son domicile. Il est tout heureux de trouver un camion et, à peine rentré, s’empresse de prévenir son neveu qu’il est « brûlé » et qu’il se tienne sur ses gardes.
M. Kermoal n’est pas de Plouider, mais il a été si souvent des nôtres de 1931 à 1945 qu’il ne doit être un inconnu pour personne dans la paroisse, moins encore pour les familles qui ont eu des enfants en classe à « Skol an Aotrou Krist ». Durant le temps de rectorat de son oncle à Plouider, il fut un habitué de la paroisse au cours de ses vacances. N’y parvint-il même pas à se faire repérer, en septembre 1946, par… les occupants d’alors ? La Gestapo alla jusqu’à arrêter M. Sparfel, après une perquisition en règle dans sa chambre pour le relâcher le soir même ; mais « l’homme grand portant lunettes, connaissant l’anglais et l’allemand » qui était l’objet de leurs plus chers désirs ( !) était, il faut croire, insaisissable. Ces messieurs ne savaient pas à qui ils avaient affaire !
Nous souhaitons à M. Kermoal de faire beaucoup de bien à Spézet, paroisse de montagne de 3.662 habitants, et prierons pour lui. Là-bas, la grande masse s’est éloignée de Dieu et du Christ, mais il paraît qu’elle a encore du respect pour la Sainte-Vierge. Alors, tout n’est pas perdu !
M. Sparfel vieillissait. Très fatigué, il dut, fin 1945, subir une douloureuse opération. Et, avec la simplicité et l’esprit surnaturel qui le caractérisaient, il se posa la question : « Puis-je encore assurer sérieusement mon ministère ? ». Sa réponse fut négative et, sans une hésitation, ne pensant qu’au bien des âmes et lui sacrifiant ses préférences personnelles, il offrit sa démission de Recteur de Plouider. Elle fut acceptée. Sa tâche était terminée : « An Aotrou Krist » l’attendait pour veiller sur ses derniers jours.

- La fin de sa vie :

Il s’installa tout près de sa chapelle de Lochrist. Sa vie, dans la retraite, aussi bien que dans son ministère actif, sera réglée avec une minutie, j’oserai dire un peu maniaque, et tout ce qui viendra y faire diversion : messe à chanter, sermon à donner, mariage à bénir, voyage sera considéré comme événement extraordinaire, prévu et préparé longtemps à l’avance, attendu avec une impatience… d’enfant.
Large, très large place dans sa retraite pour ses exercices de piété – pour la lecture aussi, même des revues et des livres les plus modernes : c’est qu’il tient à rester « de son temps », c’est qu’à 70 ans passés, il est encore capable d’emballement ! – Une bonne partie de ses journées se passe en promenades, en compagnie de l’inévitable Palaud, que la vieillesse a marqué autant sinon plus que son maître. L’un tantôt précédant, tantôt suivant l’autre, ils s’en vont sur la route de leur grave et lente démarche. Les haltes sont nombreuses. M. Sparfel a été adopté d’enthousiasme par ses compatriotes et il est devenu « Aotrou Person Lochrist ». Tout le monde lui fait fête, grands et petits, et sa conversation est appréciée, ses conseils même. Dans l’intimité, on l’appellera même « Tonton Laou ». Cela ne supprime pas le respect, mais le nuance d’une douce familiarité. Malgré son âge, le bon Recteur aime à rendre service : tous les arbres fruitiers du voisinage ne seront plus taillés que par lui.
Nous avions tout lieu d’espérer que M. Sparfel profiterai longtemps encore de sa retraite, dont les deux plus grandes joies furent sans doute son premier et dernier retour à Saint-Thonan depuis son départ, pour une première messe – et sa présence à Plouider pour la clôture solennelle de la mission, qu’il présida. Dieu ne l’a pas laissé en jouir longtemps sur terre. A partir du 15 août, progressivement la paralysie le frappa. Il perdit la mémoire des mots, puis l’usage de la parole et dut enfin rester immobilisé. De ce moment, son chapelet ne le quitta plus et il se plaisait à le montrer à ses visiteurs. Il s’éteignit doucement aux premières heures de la fête de la Toussaint.
Monsieur Sparfel qui, pendant sa vie, ne voulut jamais se mettre en avant ni rechercher les honneurs, m’aurait difficilement pardonné ces articles. Ils ont été écrits pour traduire l’affection qu’il a inspirée à tous ceux qui l’ont approché – et aussi parce que cette vie de prêtre, malgré ou plutôt à cause de sa simplicité, à cause du sens surnaturel du devoir toujours accompli qui l’a guidée, méritait d’être citée en exemple.

- Les funérailles :

Aux premières heures du 1er novembre, le bon « Tonton Laou » nous a quittés pour aller, nous l’espérons, célébrer la fête de la Toussaint dans les splendeurs divines. L’événement, quoique prévu, n’a pas manqué de provoquer une douloureuse surprise dans la paroisse. C’est une figure bien marquante de Plounévez qui disparait, de Plounévez, oui, mais surtout de Lochrist qui pleure son « Aotrou Person », figure aimée et vénérée, dont le souvenir restera longtemps vivant parmi ceux qui l’avaient, d’enthousiasme, adopté, lorsqu’au soir d’une vie bien remplie au service du Maître, il était venu prendre sa retraite à l’ombre de la chapelle d’ « An Aotrou Krist », qui l’avait vu autrefois grandir.
M. l’abbé Sparfel s’est éteint tout doucement, sans bruit, comme il avait vécu. Et le prêtre qui, le jour même de sa mort, montait à l’autel pour offrir le saint sacrifice à son intention, ne pouvait s’empêcher de penser à la vérité des paroles de l’Introït : « Gaudeamus omnes in domino ». Réjouissons-nous dans le Seigneur qui a rappelé à Lui son fidèle serviteur. Et c’est, j’ose le dire, sous le signe de cette joie sainte, qu’ont été célébrées les obsèques triomphales du bon recteur. Joie sereine, joie calme, traduite par le recueillement d’une foule nombreuse que pouvait à peine contenir l’église paroissiale pourtant si vaste. Tout Plounévez était là, Lochrist en tête, pour honorer un enfant de la paroisse toujours si fidèle à son berceau d’origine. Des délégations d’enfants des écoles libres traduisaient la reconnaissance à un bienfaiteur insigne…
Plouider était là : le souvenir de M. Sparfel y est resté si vivace, et un des charmes de la clôture de la dernière mission n’était-il pas qu’elle était présidée par l’ancien recteur ? Saint-Thonan était là, où M. Sparfel fut aussi recteur et où il n’est pas prêt d’être oublié. Plougastel-Daoulas était là : là aussi, la mémoire est fidèle et on se rappelle encore celui qui s’y dévoua comme vicaire pendant de nombreuses années.
Foule nombreuse où l’on reconnaît de nombreuses personnalités : MM. les maires de Plounévez, de Plouescat, de Plouénan, de Plouider, de Saint-Thonan, de Goulven. Foule recueillie suivant avec piété l’office funèbre, le nocture présidé par M. le curé de Plouescat, la messe chantée par M. le recteur de Plounévez, qui pleure un ami intime, assisté par MM. Sparfel, professeur à Lesneven, et Grall, vicaire à Guimiliau, et le « Libera », présidé par M. Quéré, aumônier, le doyen des prêtres de Plounévez. Au chœur, plus de quarante prêtres, par leur présence, témoignent de leur affection au bon M. Sparfel, et de leur sympathie pour M. le recteur de Plouénan, son frère, et M. Kermoal, directeur de « Skol an Aotrou Krist », son neveu.




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