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memoire de Plouider
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13 . Yves BELLEC, recteur de Plouider (1944-1947)
Article mis en ligne le 30 octobre 2022
dernière modification le 13 mars 2022

par GAC Yvon

Yves BELLEC, recteur de Plouider (1944-1947)

Les étapes de sa vie (Semaine religieuse de Quimper et Léon, 1974) :
Yves-Marie BELLEC est né le 18 mai 1888 à Ploudaniel, fis de Jean-Marie Bellec, cultivateur au Creyer en Ploudaniel, et Marie-Anne Le Bihan, cultivatrice, qui s’étaient mariés le 20 juillet 1873 à Ploudaniel.

« L’an mil huit cent quatre-vingt-huit, cejourd’hui dix neuf Mai à trois heures du soir devant nous Croc Pierre, Maire et officier de l’Etat-Civil de la Commune de Ploudaniel, est comparu Bellec Jean Marie, cultivateur, âgé de quarante-trois ans, demeurant au bourg de Ploudaniel, lequel accompagné de Bellec Jean, cultivateur, âgé de cinquante ans, demeurant au Folgoët, Finistère, et de Lagadec Bernard, cultivateur, âgé de quarante-trois ans, demeurant au Lihach en cette commune, Nous a déclaré que le Bihan Marie-Anne, son épouse, ménagère, âgée de trente-trois ans, demeurant audit bourg de Ploudaniel, est accouchée hier à six heures et demie du soir en son domicile susdit d’un enfant du sexe masculin qu’il nous a présenté et auquel il a déclaré donner les prénoms de Yves Marie.
De quoi nous avons, en présence des témoins et déclarant susdits, dressé le présent Acte, dont nous leur avons donné lecture, sous notre seing et celui des comparant et témoins ».

- Les étapes de sa vie :

Yves BELLEC fait ses études à Lesneven
En 1913, il est ordonné prêtre et nommé surveillant puis professeur au collège de Lesneven.
En 1929, il devient économe du même collège.
En 1934, il est chargé de fonder la paroisse de Brignogan dont il devient le recteur en1935.
En 1944, il est nommé recteur de PLOUIDER.
En 1947, il est nommé curé de Ploudalmézeau.
En 1953, il devient chanoine honoraire.
En 1959, il est aumônier de la clinique de Lannilis et, en 1961, aumônier des aides-aux-prêtres du Nord-Finistère.
En 1969, il se retire à Plounévez-Lochrist.
Le 10 février 1974, il décède dans l’incendie de sa maison.

- Le service militaire :

Il est reconnu apte par décision du Conseil de révision, classé dans la liste en 1909.
Signalement : cheveux et sourcils châtains, yeux gris, front ordinaire, nez et bouche moyens, menton rond et visage ovale. Il mesure 1m58.
Il est inscrit sous le n° 75 de la liste de recensement à Lesneven et ajourné en 1910 pour Faiblesse générale.

Il est reconnu « Bon service armé » par le Conseil de révision à Brest le 14 décembre 1914, affecté au 3ème Régiment d’Infanterie coloniale à Rochefort et arrivé au corps le 19 février 1915.
Il passe au 53ème colonial le 19 février 1915, puis au 5ème mixte le 16 mai 1915.
Il repasse au 53ème colonial le 14 juin 1915.
Il a une Citation à l’ordre du régiment, du 26 juin 1916 : « Infirmier d’une compagnie de mitrailleuse – Soldat très courageux, d’une haute valeur morale. Les 16 et 17 avril 1917, n’a cessé de relever les blessés en avant des lignes françaises et leur a prodigué ses soins avec le plus grand dévouement et un mépris absolu du danger (signé Debieuvre) ».
Il est porté disparu le 18 avril 1917.
Il est prisonnier à Wurtemberg et rapatrié d’Allemagne pour cause sanitaire le 7 mars 1918.
Il passe à la section Coloniale d’Infirmiers militaires le 7 avril 1918 après permission de 30 jours.
Il est envoyé en congé illimité de démobilisation le 19 avril 1919.
Il se retire à Ploudaniel.
Il est placé dans la position sans affectation le 1er août 1927, puis affecté à la Poudrerie de Pont de Buis.
Il est replacé sans affectation le 22 juillet 1937.
Il est enfin dégagé de toute obligation militaire le 15 octobre 1937.

Il a été en Campagne contre l’Allemagne du 19 février 1915 au 19 avril 1919 : aux armées du 17 mai 1915 au 17 avril 1917 et en captivité du 18 avril 1917 au 7 mars 1918.
Il a obtenu la Médaille de la Victoire et la Médaille commémorative, puis la carte de combattant en janvier 1928.

- Le prêtre :

M. Bellec n’a jamais ménagé sa peine.
Économe au collège de Lesneven, il était sans cesse préoccupé d’agrandir, d’embellir, de moderniser la maison pour la rendre plus confortable, plus souriante pour tous.
Quand son évêque lui demanda de fonder une paroisse à Brignogan, il accepta d’emblée. Ce n’était pas une sinécure. Il le savait, il lui faudra parcourir le diocèse, demander l’hospitalité à ses confrères (et il avait peur de gêner), prêcher beaucoup (ce qu’il n’aimait pas), tendre la main (ce qui ne coûtait pas à son esprit de pauvreté).
Et quand, à force de persévérance, il eut réussi à doter la nouvelle paroisse d’une église, d’un presbytère et à y structurer fortement l’Action Catholique, il quitta le nid préparé avec tant de cœur pour monter à Plouider, son nouveau champ d’apostolat.

- Le recteur de PLOUIDER (1944-1947) :

Il alla avec joie dans la paroisse de Plouider qui était la terre des vocations. Il le savait depuis le collège. Il continua l’œuvre de ses prédécesseurs, encourageant bien des jeunes, les aidant à persévérer par ses conseils, par des deniers quand il le fallait, surtout par l’exemple d’une vie pleinement sacerdotale, vie de prière, de zèle, d’amour de la Vierge…

- Les postes suivants :

Et puis ce fut Ploudalméeau. Il s’y ancra, aidé par les vicaires qui l’aimait et qui l’aimaient : il leur faisait confiance. Il avait le souci des écoles, préoccupé de leur prospérité, de leur avenir, soucieux de leurs besoins…

A la maternité de Lannilis, il se consacra aux jeunes mamans, les préparant au baptême de leurs enfants, leur expliquant le sens et la beauté du sacrement. Trouvant que ce n’était pas assez, il se dévoua à l’œuvre des « Aides aux prêtres » qu’il groupa, qu’il visita et encouragea, sans se lasser, dans leur vocation, leur tâche, parfois difficile et ingrate, mais si belle, bien qu’effacée.

- La retraite et le décès :

Il prend sa retraite à Plounévez-Lochrist en 1969, mais il n’en profite pas longtemps.

« L’ancien curé-doyer de Ploudalmézeau et sa servante périssent dans l’incendie de leur maison à Plounévez-Lochrist (Le Télégramme du 11 février 1974).
En ouvrant sa porte hier matin, vers 7 h, M. Charles, demeurant rue de Kerjean à Plounévez-Lochrist, constata que la maison voisine était la proie des flammes. Celle-ci, en quelques minutes, atteignirent 7 à 8 mètres de hauteur au-dessus du toit. Les deux occupants, le chanoine Bellec, 84 ans, ancien curé-doyen de Ploudalmézeau, et sa servante, Mlle Marie Rosec, 76 ans, étaient déjà morts, brûlés vifs. Ils avaient en vain tenté de s’échapper du brasier, le feu se propageant trop rapidement.
L’alerte donnée tardivement.
Vingt minutes après que l’alerte ait été donnée, les pompiers de Lesneven étaient sur les lieux, mais il fallut attendre une heure pour voir arriver les pompiers de Plouescat, qui n’avaient été avertis qu’à 8 heures moins dix, les témoins n’ayant pas formé le numéro de téléphone qui convenait. Cependant une plus grande rapidité n’aurait pas permis de sauver les malheureux.
La chaudière ?
L’incendie était éteint avant 9h, mais de la maison il ne restait plus rien que les murs. Sur les causes du sinistre, on ne peut formuler que des hypothèses. Selon les pompiers, ce serait dû à un mauvais fonctionnement de la chaudière du chauffage central. La tempête n’a fait qu’attiser le feu.
Le chanoine Bellec demeurait là avec sa servante depuis 1969. Ils étaient tous deux originaires de Ploudaniel ».

La mort est venue, brutale, tragique, pour lui et sa fidèle servante : tous les deux, en ce dimanche matin, après toute une vie (quarante six ans) passée ensemble...

document C.G.F.



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