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Les victimes des guerres du XIXè siècle
Article mis en ligne le 14 mars 2011
dernière modification le 21 septembre 2015

par GAC Yvon
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DES PLOUIDEROIS, VICTIMES DES CONFLITS DU XIXè siècle.

Après la présentation des victimes plouidéroises dans les guerres napoléoniennes, nous présentons ici les victimes des divers conflits qui se sont succédés tout au long du XIXè siècle.

1. L’expédition d’Espagne (avril 1823).

Le roi de France Louis XVIII décide d’intervenir en Espagne pour rétablir le roi d’Espagne Ferdinand VII comme souverain absolu, pouvoir qu’il a perdu à la suite d’un soulèvement populaire en 1820. Le 7 avril 1823, l’armée des Pyrénées pénètre en Espagne et le gouvernement libéral espagnol se replie au sud du pays à Séville, puis à Cadix.L’armée française s’enfonce progressivement dans le territoire espagnol et engage la conquête de l’Andalousie en juillet-août, obtenant la capitulation des constitutionnels à la fin du mois de septembre. Ferdinand VII récupère son pouvoir absolu sur le pays tandis que les Français laissent sur place des troupes d’occupation.Durant ce conflit, trois Plouidérois trouvèrent la mort :

  • François CAER, né le 7 avril 1801 à Runeven, fils de Bernard et Marie SOUN, décède le 17 septembre 1823 (22 ans) à l’hôpital Victoria ;
  • Goulven CORRE, né le 19 février 1799 à Coatilochou, fils de Mathieu et Marie BONNIC, décède le 1er janvier 1824 (25 ans), à l’hôpital de Barajoz ;
  • Jean LE GAC, né le 22 mai 1799 à Coatibars, fils de Louis et Anne CORBE, décède le 30 octobre 1824 (25 ans), à l’hôpital de Badajoz (Espagne) ;

2. La conquête de l’Algérie, guerre coloniale.

La conquête de l’Algérie s’est effectuée en plusieurs étapes, durant la Monarchie de Juillet et le règne de Louis-Philippe, depuis le débarquement de l’Armée d’Afrique à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830 jusqu’à la reddition de l’émir Abd el-Kader au duc d’Aumale le 23 décembre 1847, aboutissant à l’annexion de l’Algérie par la nouvelle République française en 1848.

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Des Plouidérois ont trouvé la mort dans cette conquête :

  • François BUORS, né le 21 mars 1810 à Coatidrun, fils de Marie BUORS, décède le 7 novembre 1834, à l’âge de 24 ans, à Alger ;
  • Yves LEOST, fils de Paul et Marguerite GUENEGAN, décède le 20 mai 1840, à l’âge de 26 ans, à Oran ;
  • Hervé LEA, né le 8 avril 1810 à Delledan, fils de Paul et Jeanne LE ROY, décède le 12 octobre 1840 (30 ans), à Sétif ;
  • François PERAN, né le 27 avril 1807 à Brondusval, fils de François et Marie Jeanne TANGUY, décède le 2 août 1841, à l’âge de 34 ans, à Boué (Algérie).
  • Guillaume GALL, né le 23 avril 1813 à Delledan, fils de Jean Marie et Marguerite KERLEROUX, décède le 14 octobre 1844 (31 ans) à Milianah ;
  • Pierre LE BORGNE, né le 7 juillet 1816 à Pont-du-Châtel, fils de Anne LE BORGNE, décède le 30 novembre 1844 (28 ans) à Cherchell ;
  • Pierre KERLIDOU, né le 17 janvier 1819 au bourg, fils de Pierre et Marie BERRE, décède le 25 juillet 1845 (26 ans) à Del Arrouch ;
  • Jean Marie BOUROULLEC, né le 2 septembre 1821 à Cospors, fils de François et Marie Anne GOULM, décède le 23 novembre 1846 (25 ans) à Oran.
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Après l’annexion de l’Algérie et sa division en départements, l’armée française reste présente sur le terrain et d’autres Plouidérois meurent encore dans ce nouveau territoire français :

  • Pierre PEDEN, né le 26 mars 1816 à Kerguaoc, fils de Sébastien et Elizabeth (ou Isabelle) (LE) BARS, décède le 20 octobre 1850 (34 ans) en Algérie ;
  • Vincent (LE) VOURCH, né le 14 octobre 1835 à Penvern, fils de Alain et Jeanne (LE) GALL, décède le 28 octobre 1859 (24 ans) à Kiss ;
  • Jean Marie CALVEZ, né le 19 avril 1846 à Creyen, fils de François et Marie SIMON, décède le 10 mai 1868 (22 ans) à Sidi Bel Abès ;
  • François Marie PRISAC, né le 21 septembre 1839 à Kerbiquet, fils de Alain et Marie Françoise CORRE, décède le 12 janvier 1872 (32 ans) à l’hôpital militaire d’Alger.

3. L’expédition de Rome (1849).

L’expédition française à Rome est décidée par Louis Napoléon Bonaparte, Président de la République Française, pour réinstaller le pape Pie IX qui avait été chassé par les Républicains romains, à la suite de la proclamation de la République romaine en février 1849. Le 22 avril 1849, le corps expéditionnaire français embarque à Toulon et débarque le 24 avril à Civitavecchia avec 7.000 hommes. Mais l’attaque de la ville de Rome, le 30 avril, est un échec. Après une trêve, les hostilités reprennent en juin avec le siège de Rome : les Français entrent dans la ville le 3 juillet et chassent le gouvernement républicain. Un Plouidérois trouve la mort en Italie lors de ce conflit :

  • Goulven HILIOU, né le 9 mars 1817 à La Flèche, fils de Jean-Marie et Louise KERVAON, enrôlé dans l’Armée d’Italie, décède le 3 août 1849 (32 ans) à Rome, Saint-Dominique.

4. La guerre de Crimée (1853-1856).

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La guerre de Crimée est une guerre qui oppose l’Empire russe et une coalition formée de l’Empire ottoman (Turquie), le Royaume Uni, le Second Empire français et le Royaume de Sardaigne. La presqu’île de Crimée est située, au sud du territoire de l’Ukraine, avec la ville de Sébastopol, importante base navale sur la mer Noire. Le tsar de Russie Nicolas 1er souhait s’installer à Constantinople pour accéder aux détroits du Bosphore et des Dardanelles ; d’autre part, il entend protéger les communautés chrétiennes orthodoxes de l’Empire ottoman et il occupe la Moldavie et la Valachie, principautés roumaines, le 1er juillet 1853. En tant que suzerain de ces principautés chrétiennes, mais vassales de l’Empire ottoman, le sultan ottoman déclare la guerre à la Russie le 4 octobre.En février 1854, la France et la Grande Bretagne demandent à la Russie d’évacuer ces deux principautés et le 27 mars, elles lui déclarent la guerre aux côtés de l’Empire ottoman. Les deux épisodes principaux furent la bataille de l’Alma et le siège de Sébastopol de septembre 1854 à septembre 1855. Nicolas 1er étant mort le 2 mars 1855, son fils et successeur Alexandre II accepte les conditions des coalisés en signant le traité de Paris le 30 mars 1856.

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Cette guerre a vu la disparition des plusieurs Plouidérois :

  • Goulven MADEC, né le 11 juin 1832 à Coatiguinou, fils de Pierre et Marie Anne KERDRAON, décède le 27 octobre 1854 (22 ans) en Turquie ;
  • Hervé SIMON, né le 20 janvier 1823 à Coatidrun, fils de Sezny et Marie Anne LAOT, décède le 18 décembre 1854 (31 ans) à Constantinople ;
  • Jean-François ROUE, né le 4 octobre 1832 à Brondusval, fils de Guillaume et Marie Jeanne BRANELLEC, décède le 4 janvier 1855 (22 ans) à Ramistifiac en Turquie européenne ;
  • François PAGE, né le 4 juillet 1828 à Kerséhen, fils de Jean et Marie Jeanne CHEVER, décède le 16 janvier 1855 (26 ans) à Constantinople ;
  • Yves MEUDEC, né le 29 septembre 1826 à Penvern, fils de Yves et Marie Louise MIOSSEC, décède le 2 février 1855 (28 ans) à Constantinople ;
  • Jean LE ROUX, né le 6 juillet 1832 à Kérozet, fils de Yves et Marie BUZARE, décède le 26 juin 1855 (23 ans) à l’Armée d’Orient ;
  • Laurent APPERE, né le 6 février 1821 à Dourmap, fils de Jean Marie et Marie Claudine LAURENT, décède le 10 juillet 1855 (34 ans) à l’Armée d’Orient ;
  • François-Marie THOMAS, né le 26 septembre 1825 à Delledan, fils de François et Anne KERLEROUX, décède le 12 juillet 1855 (29 ans) en Crimée ;
  • Jean LE TRAON, né le 2 mars 1835 à Kerlien, fils de Yves et Marie Jeanne TROADEC, décède le 5 septembre 1855 (20 ans) à Sébastopol ;
  • Yves MEST, fils de François et Christine HENRY, décède le 17 avril 1856 (23 ans) à Constantinople ;
  • Jean-Marie CAER, né le 2 novembre 1833 à Runeven, fils de Bernard et Elizabeth PARC, décède le 23 avril 1856 (22 ans) à l’Armée d’Orient ;
  • Hervé LE BORGNE, né le 26 février 1830 à Kermabon, fils de Rolland et Jeanne THOMAS, décède le 10 avril 1856 (26 ans) à Constantinople ;
  • Guillaume BIHAN, né le 22 décembre 1829 à Keradanet, fils de François et Anne PENNEC, décède le 16 juillet 1856 (26 ans) à Constantinople ;

5. L’expédition du Mexique (1861-1867).

C’est une intervention militaire française qui avait pour objectif de mettre en place au Mexique un régime favorable aux intérêts français, s’appuyant sur des conservateurs mexicains installés en Europe qui souhaitaient installer au Mexique un souverain européen catholique et conservateur. Napoléon III voulait mettre fin au désordre qui régnait dans ce pays et y instaurer un Empire, allié à la France, qui pourrait devenir le premier pays industrialisé d’Amérique latine et une terre d’accueil pour les émigrés européens. Il s’agissait de contrebalancer sur le continent américain la puissance des Etats-Unis, empêtrés alors dans la guerre de Sécession.

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Le contingent français dut très vite faire face à une véritable guérilla. En avril 1865, la guerre de Sécession se terminait aux Etats-Unis et ceux-ci commencèrent à fournir des armes aux Mexicains tout en pressant les Français de quitter le pays. D’autre part, en Europe la montée de la puissance prussienne avec Bismarck devenait une menace pour la France en Europe, surtout après la victoire de la Prusse sur l’Autriche. Napoléon III retira ses troupes, abandonnant peu à peu les villes du nord, Mexico, Puebla et Veracruz. En février 1867, le dernier navire français quittait les côtes du Mexique. Sur les 38 493 militaires envoyés au Mexique, 6 654 sont morts de blessures ou de maladie, dont un certain nombre de Plouidérois :

  • Yves Marie ABIVEN, né le 18 février 1844 à Kerdivès, fils de Marie Yvonne ABIVEN, marin sur le Masséna, navire amiral de l’escadre d’intervention, décède le 13 juin 1862 à Véra Cruz ;
  • Alain MAREC, né le 4 janvier 1838 à Delledan, fils de François et Catherine ROPARS, matelot sur le Panama, décède le 28 mai 1863 (25 ans) à Fort-de-France ;
  • Noël GEFFROY, né le 24 février 1840 à Penvern, fils de Jean et Marie GUENEGAN, décède le 12 août 1863 (23 ans) à San José de Gracia au Mexique ;
  • François Marie CROGUENNEC, né le 24 avril 1827 à Keradraon, fils de Guillaume et Catherine SALAUN, matelot sur l’Amazone, décède le 3 septembre 1863 (36) à Fort-de-France.

6. La guerre franco-allemande (1870).

Après avoir battu l’Autriche à Sadowa, Bismarck continua à construire l’unité allemande en regroupant les divers Etats allemands. Pour terminer cette unification, il a besoin d’une guerre contre la France et la succession d’Espagne lui servit de prétexte pour y entraîner Napoléon III (la dépêche d’Ems). Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse.

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L’armée prussienne a l’avantage dans tous les domaines (hommes, matériel et stratégie). Une succession de défaites françaises aboutit à la bataille de Sedan et à la reddition le 2 septembre 1870 de Napoléon III qui est fait prisonnier. Le Second Empire s’effondre et il est remplacé par un gouvernement provisoire de Défense nationale qui signe l’armistice en janvier et février 1871, tandis que les Prussiens occupent le nord de la France.

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Des Plouidérois ont trouvé la mort dans cette guerre :

  • François JUGUET, né le 24 août 1846 à Pont-du-Châtel, fils de Goulven et Marie LE GALL, décède le 6 août 1870 (24 ans) à Frecheviller ;
  • Michel TREGUER, né le 8 décembre 1845 à Kervella, fils de Yves et Marie Agnès COAT, décède le 4 novembre 1870 (24 ans) à Metz ;
  • Jean ELLEGOET, né le 28 décembre 1847 à Kerdivès, fils de Corentin et Marie Yvonne ABIVEN, décède le 16 avril 1871 (23 ans) à Sagan en Allemagne ;
  • René LE GUEN, né le 22 mai 1832 à Delledan, fils de Jean-Marie et Marie-Jeanne PELLE, décède le 12 juin 1871 (39 ans) à l’hôpital militaire de Versailles ;
  • Yves TROADEC, né le 21 novembre 1833 à Kermabon, fils de François et Marie ABIVEN, décède le 17 octobre 1871 (27 ans) également à l’hôpital militaire de Versailles.
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Le fameux pantalon garance (costume tellement voyant !!!)

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Un Plouidérois se souvient des répercussions de cette guerre à Plouider : Hervé BUREL, "Histoire d’une famille de Basse Bretagne" (traduction de Nelly BLANCHARD, CRBC/Skol Vreiz, 2011).

C’est pendant que j’étais à l’école qu’éclata une terrible guerre entre la France et les Prussiens. A cette triste époque, j’avais douze ans. C’est au début de l’été 1870 que cette guerre fut déclarée par Napoléon III, alors empereur de France, et par Guillaume 1er, roi d’Allemagne. Ce fut une grande défaite pour les Français. En plus du nombre considérable de personnes tuées, tant au combat que de misère, la France perdit deux départements : l’Alsace et la Lorraine. De plus, la France dut donner à la Prusse plus de cinq milliards et le grand emblème de la France fut pris et se trouve toujours dans la capitale de l’Allemagne qui s’appelle Berlin. Cet emblème royal est un aigle, l’aigle royal, qui figure encore sur les grosses pièces de vingt francs.

Une grande tristesse régnait alors partout en France, surtout du côté de l’Alsace-Lorraine. Chez nous, on était malheureux surtout à cause des soldats qui avaient dû partir à l’armée. Ici, deux, trois, parfois même quatre de la même famille furent incorporés dans l’Active, recrutés dans la Garde mobile, ou encore dans un autre groupe qu’on appelait la Garde sédentaire. Un certain nombre de ces hommes, surtout les plus jeunes, appuyèrent un remplaçant pour partir à leur place. Mais hélas ! ils durent toutefois y aller et quitter leur famille, pleins de mélancolie et de chagrin. Après avoir vu partir leur argent, ils virent aussi partir leurs enfants. La loi obligeait aussi une génération d’hommes plus âgés et restés sur place à aller au moins deux fois par semaine sur la place du bourg pour faire l’exercice militaire.

Le dimanche, en allant à l’église, on constatait de manière très évidente que le nombre des hommes à la fleur de l’âge diminuait. Les visages de toutes les personnes âgées portaient la marque du chagrin t de la tristesse lorsque ceux qui avaient des enfants à la guerre se rencontraient. On prenait tout de suite des nouvelles ou de Fanch ou de Goulc’hen. S’il n’y avait pas de nouvelles, les larmes se mettaient à couler à flots et on voyait ces gens se tourner alors rapidement le dos de désolation, comme des adversaires.

Finalement Napoléon III, avec quatre-vingt-mille soldats, capitula sur la grande place de Sedan et ils furent tous faits prisonniers par les Prussiens ! Une telle catastrophe ne s’était jamais produite en France. Quelle tristesse ! quelle désolation ressentirent là-bas ce jour-là ces vaillants soldats trahis d’avance par ce traître de maréchal Bazaine, le plus jeune des maréchaux de France à cette époque.

Dès que ces soldats furent faits prisonniers par le prince Frédéric-Charles qui commandait l’un des plus grands corps d’armée prussiens, ils furent conduits en Prusse comme des malfaiteurs. Ils souffrirent pendant neuf mois du mal du pays, de la honte d’être prisonniers, du tourment de ne pas savoir ce qu’ils allaient devenir, des affres de la famine. La plupart d’entre eux ont crevé de misère ! Et ceux qui ont pu rentrer chez eux, couverts de poux et de vermine, ceux qui étaient vivants – et il y en a beaucoup – pourraient mieux témoigner que moi de ce que j’affirme.

Pendant que ces soldats se trouvaient là-bas au fin fond de la Prusse, les Prussiens avancèrent sur Paris. Lorsqu’ils arrivèrent, ils bombardèrent Paris. Ils cernèrent la ville et pendant cent dix jours, rien ne sortit de cette métropole, rien n’y entra. La famine fit bientôt son apparition et les gens des basses classes commencèrent à protester. Les choses se vendaient au poids de l’argent. L’argent finit par disparaître et la misère empirait. Une révolution finit par éclater.

On fut obligé d’avoir recours aux marins et on leur ordonna de délivrer les Parisiens. La partie fut chaude, mais ils parvinrent toutefois à conclure un armistice et à ouvrir en même temps les portes de la ville. Depuis, les matelots sont bien vus à Paris.

Si la situation des Parisiens était pénible et difficile à cette époque, ici aussi régnait une grande tristesse bien que nous fussions loin du bruit des fusils et des canons. Le début de l’année connut une telle sécheresse qu’un grand nombre de meuniers furent obligés de fermer leur moulin. A cette époque, une grave maladie se propagea dans la population (on l’appelle la variole) et elle fit beaucoup de morts à travers le pays. En plus de la grande sécheresse et de cette épidémie, nous eûmes un hiver très rigoureux, comme n’en n’avaient jamais connu les plus âgés de l’époque. Les gens mouraient de froid, le bétail périssait, bref, il ne fit jamais si mauvais temps en France.
Les foires ne marchaient pas, on ne pouvait pas tirer un sou des bêtes qu’on y amenait puisque personne n’en voulait, à tel point qu’on devait les garder à vivoter ou les abattre. Enfin, pour achever de mettre les pauvres paysans dans la pire des misères, une épidémie se propagea parmi les bêtes à cornes si bien qu’elles tombèrent comme des mouches. De nombreux paysans souffrirent de cette situation longtemps après.

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7. La conquête de l’Indochine française.

Les premières interventions des Français se situent en 1858 avec comme prétexte la protection des missionnaires : premiers résultats la prise de Danang et celle de Saigon. Le 5 juin 1862, la France signe un traité avec le Vietnam et récupère plusieurs provinces avec lesquelles elle forme la Cochinchine. En 1863, le Cambodge est placé sous protectorat français. En 1881-1885, une guerre oppose la France de la IIIè République à la Chine parce que les Français tentaient de prendre le contrôle du fleuve Rouge qui reliait Hanoi à la province du Yunnan en Chine. La victoire française avec la reconnaissance de son protectorat sur l’Annam et le Tonkin, s’ajoutant à la Cochinchine et au Cambodge, conduisit à la création de l’Indochine française. Puis, à la suite d’une lutte entre les Français et les Siamois entre 1887 et 1893, les pays Lao sont placés également sous le protectorat français. En 1896, la conquête se termine, du point de vue militaire.

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Plusieurs Plouidérois ont laissé leur vie dans ces régions :

  • Guillaume SALOU, né le 8 septembre 1843 à Dourmap, fils de Alain et Honorée LANGONNE, décède le 26 juillet 1867 (23 ans) en Cochinchine ;
  • Jean-Marie LAURANS, né le 28 janvier 1851 à Kerguaoc, fils de Jean et Yvonne CALVEZ, décède le 8 octobre 1869 (19 ans) en Cochinchine ;
  • François LE GUEN, né le 5 mai 1852 au Bourg, fils de Hamon et Françoise MANACH, décède le 29 mai 1872 (20 ans) à Saigon ;
  • Yves DOLL décède le 4 août 1872 à Saigon ;
  • Michel LE BARS, fils de Guillaume et Louise BERGOT, décède le 7 avril 1884 (22 ans) à Hong-Kong.

8. Opérations diverses.

 L’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur Napoléon III :

  • Yves FAVE, né le 10 juillet 1847 à Pont-du-Châtel, fils de Yves et Catherine BRANELLEC, décède le 25 avril 1886 (39 ans) à Nouméa.

Colonisation de l’Afrique noire  :

  • Gabriel KERFOURN, né le 9 juin 1823 à Prat ar C’han, fils d’Ollivier et Catherine GUILLOU, décède le 11 décembre 1856 (23 ans) à l’Armée d’Afrique ;
    En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France :
  • Jean LANNON, né le 13 octobre 1867 à Goas ar Foen, fils de Nicolas et Marie Jeanne CALVEZ, décède le 27 octobre 1892 (25 ans) à Diégo Suarez.

 Au Maghreb, Napoléon III renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée tunisienne. La France prend ainsi pied en Tunisie en 1869 par le biais d’une commission anglo-italo-française destinée à résorber la dette extérieure du pays. La France obtient, au congrès de Berlin de 1878, l’accord tacite des autres puissances européennes pour renforcer sa présence en Tunisie avec pour justification de protéger la colonie voisine d’Algérie :

  • Jean Yves BLONZ, fils de Jean et Jeanne PONT, décède le 31 août 1880 à Sfax en Tunisie.

Des marins décédés Outre-Mer  :

  • Jean Gabriel THOMAS, né le 3 avril 1814 à Delledan, fils de François et Anne KERLEROUX, décède le 24 mars 1841 (27 ans) sur le navire « La Danaïde » ;
  • Goulven PENCREACH, né le 30 décembre 1816 à Kerguelen, fils de Guillaume et Marie-Jeanne MENEZ, décède le 14 juillet 1842 (25 ans) à Naples sur le navire « La Minerve » ;
  • François Marie LESCOP, né le 20 février 1826 à Kerilien, fils de Alain et Yvonne QUERE, décède le 27 mai 1848 (22 ans) à l’hôpital de Saint-Pierre en Martinique ;
  • Yves TROADEC, né le 3 mai 1830 à Kerilien, fils de Jean-François et Anne STEPHAN, décède le 5 juin 1854 (24 ans) à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe ;
  • Alain LE GALL, né le 17 mars 1832 à Goaslaz, fils de François et Marie Anne ABILY, décède le 30 juin 1855 (23 ans) à Cayenne en Guyane française ;
  • Yves ROPARS, né le 26 avril 1845 au Carpont, fils de François et Marie-Anne ABALLEA, décède le 19 décembre 1859 (14 ans), mousse sur « La Thélis » ;
  • Jean-Marie BRANELLEC, né le 12 mai 1841 à Kervasdoué, fils de Guillaume et Marie Yvonne LE MEN, décède le 22 janvier 1862 (20 ans), apprenti marin sur « Le Bretagne » ;
  • Laurent KERLIDOU, né le 2 octobre 1834 à Goaslas, fils de Guillaume et Françoise BOURHIS, décède le 7 janvier 1871 (36 ans), à Belle-Terre en Guadeloupe ;
  • Pierre PRIGENT, né le 16 juillet 1857 à La Flèche, fils de Tanguy et Catherine BIHAN, décède le 5 juin 1880 (22 ans) à Fort-de-France en Martinique.

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