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Les manoirs de PLOUIDER
Article mis en ligne le 21 mars 2011
dernière modification le 12 janvier 2014

par GAC Yvon
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Le mot « manoir » désigne soit une seigneurie, soit l’édifice lui-même (du latin « manere » = demeurer, ou du celtique / bas-breton « maner » = maison de noblesse). La notion de manoir est également associée au caractère noble de la terre : juridiquement c’est une terre qui bénéficie de l’exemption fiscale. C’est également une unité économique, associant le domaine et la terre qui assurent la subsistance du seigneur.Le nombre de manoirs augmente dans les paroisses du Léon entre le XVème et le XVIème siècle.

La création de nouveaux manoirs est soumise à la volonté du Duc de Bretagne qui cherche à s’appuyer sur un réseau de clientèle de vassaux fidèles et loyaux en multipliant les anoblissements. L’essor de l’administration ducale favorise l’ascension sociale de roturiers qui cherchent à utiliser leur fortune pour acquérir des terres nobles et entrer dans la noblesse. Le mot manoir finit par ne plus désigner que la demeure et beaucoup de petits domaines nobles sont réduits à la maison et son pourpris. Les nouveaux manoirs du XVIème siècle sont le plus souvent des « sieuries », des manoirs sans droit de justice et même des manoirs affermés à des paysans.

Le mouvement de construction ou de rénovation des manoirs avait déjà été amorcé au XVème siècle ; le calme qui suivit la Guerre d’Indépendance de la Bretagne ouvrit une période de prospérité, favorable à la construction de nouveaux édifices. Certains bâtiments gardent toutefois des éléments défensifs (meurtrières, murailles, portail fortifié,…pas seulement décoratifs).La majorité des manoirs n’existe plus en tant que tel. Si quelques-uns ont pu être rénovés, la plupart ont été transformés en bâtiment de ferme ou sont en ruine. Certains subsistent par quelques pierres dispersées dans les bâtiments de ferme du village. Plusieurs événements historiques sont aussi la cause de la disparition de ces manoirs : la Guerre de la Ligue par exemple, l’abandon des exploitations par des petits propriétaires ruinés,… Un grand nombre de manoirs a disparu entre le XIXème siècle et nos jours.

Le choix du lieu de construction du manoir s’appuie sur une situation géographique intéressante : sur le plateau, sur une hauteur ou à flanc de coteau, et à une certaine distance du centre paroissial. Il est également lié à l’existence d’un certain nombre de facteurs locaux :

  • la proximité de l’eau (ruisseau ou source). La présence d’un cours d’eau permet d’installer un moulin, privilège seigneurial (banalité) ;
  • la qualité des terres agricoles : le domaine seigneurial est d’abord une exploitation agricole dont les récoltes servent à nourrir le seigneur et à lui procurer des revenus pour pouvoir vivre noblement ;
  • la proximité de voies de communication (« grants chemins ») et d’un bois (« haulte fustaye » : futaie signe de puissance nobiliaire) : matériau de construction et bois de chauffage mais aussi lieu de chasse.

Beaucoup de noms de manoirs commencent par le préfix « Ker », issu du vieux breton « caer », équivalent du latin « castrum » (un lieu retranché). Au XIIème siècle, le préfixe « ker » prend le sens de « lieu habité et cultivé » : il désigne une unité d’exploitation agricole.Le manoir, composé de la demeure seigneuriale et des terres agricoles, peut comprendre aussi un certain nombre de dépendances selon l’importance du domaine et le rang du propriétaire. De longues « rabines » mènent au logis seigneurial dont la façade est décorée d’une porte principale surmontée d’un arc brisé portant les armoiries de la famille, des fenêtres à meneaux, des lucarnes… Un escalier de pierre orne l’intérieur, placée dans une tour ronde ou carrée extérieure.

Des « jardrins », « courtilz » et « vergiers » à proximité de la demeure, parfois délimités par un mur d’enceinte, fournissent les légumes et les fruits pour la consommation de la famille noble. Les manoirs les plus importants possédaient également un colombier, un four banal et un moulin banal, une chapelle privée.

Les manoirs cités dans les registres paroissiaux et d’état-civil

{{}} Manoirs Naissance Décès {{}}
01 Brondusval - Bonduzval 1683-1786 1729
02 Coat Ménach 1684-1773 1726-1771
03 Créach Mic 1748 1772 Une seule mention
04 Dourmap 1764
05 Goaslaz 1696-1696 Deux mentions
06 Guélétré Quéar - Gueletquear 1766-1769 1756-1769
07 Keradraon 1777 Une seule mention
08 Kerbiquet 1700 Une seule mention
09 Kerdivès 1778 Une seule mention
10 Kergoff 1683-1736 1725
11 Kerouriou 1703-1785 1690-1720
12 Kerozet 1683 Une seule mention
13 Kerséhan 1696 Une seule mention
14 Kervasdoué 1723-1780 1688-1774
15 Kerveuleugant - Querneulégan 1701-1733 1705-1781
16 La Boissière – Boisbuis - Beuzit 1683-1787 1688-1771
17 La Flèche 1696-1787 1756
18 Launay 1761 1713 Une seule mention
19 Lestévennec - Lestrévennoc 1757-1786 1721-1760
20 Lestourduff - Lesdourduff 1703-1782 1690-1724
21 Mespérénes 1746-1790 1684-1763
22 Morizur 1698-1828 1725-1835
23 Pen ar Vern 1819
24 Prat al Lann 1714-1786 1723-
25 Quistillic 1722-
26 Roudoushir 1827 Une seule mention
27 Torraneach 1683-1765 1734-

« Il apparaît que les manoirs, qui étaient fort nombreux, furent fondés et habités par des nobles – peut-être des fils cadets -, avant d’être vendus ou, surtout loués à des paysans aisés ou riches. Il semble, si l’on en juge par les longues listes patronymiques établies à l’occasion des « réformations » que le nobles occupaient encore une bonne partie des manoirs du Léon au XVè siècle. [La réformation était une enquête périodique opérée dans les divers évêchés de Bretagne par des commissaires de la Chambre des Comptes pour rechercher et faire rentrer dans le rang les roturiers qui avaient usurpé la qualité de noble afin de bénéficier des exemptions de corvées, de dîmes, de fouages…].A Plouider, il n’y eut plus de nobles à vivre sur le territoire paroissial à partir de 1750 : le manoir de Morizur fut occupé par des paysans à partir de 1721 et celui de Mespérénez à partir de 1746 ».(Louis ELEGOET, op.cit.)

Naissances et décès dans les familles nobles à Plouider :

- Famille de LOCHAN au manoir de Kerouriou : . le couple Jean de LOCHAN et Anne Marguerite de KERANNOU, puis Louise Mauricette de KERANNOU, et des enfants nés entre 1696 et 1707.. décès en 1683, 1690, 1699, 1703, 1704 et 1746.

- Famille de KERGUILLIAU (ou KERVILLEAU) au manoir de Quistillic (ou Kistillic) : . le couple Charles de KERGUILLIAU et Marie Anne (LE) GAC, et enfant nés entre 1696 et 1709.. décès en 1684 et 1699.

- Famille de KERSAUSON au manoir de Mespérennès : . le couple Christophe de KERSAOSOUN et Marie Catherine de LORAN, et des enfants nés en 1701 et 1702.. le couple Marie Louise de KERSAUSON et Joseph de TRECESSON, et une fille née en 1742.. décès en 1684, 1700, 1702 et 1745.

. Famille de BUYER au manoir de Kerbiquet : le couple Thomas de BUYER et Anne LE MINOT, et une fille décédée en 1698 à 6 mois.

- Famille de KERVEN / de CARNE au manoir de Lestourduff : . décès de dame Louyse de CARNE, douairière de Kersulec, en 1710 à l’âge de 96 ans.

- Famille de PENFEUNTEUNIOU à Kerguaoc et au Mouster :. décès en 1737 et 1749.. Mathurin de Penfenteuniou est décédé le 25 janvier 1749 au Mouster à l’âge de 75 ans. Il est le dernier représentant de la noblesse cité dans le registre des décès de Plouider : « Gentilhomme obéré que l’intempérance avait réduit à n’avoir aucun domicile fixe, bien éloigné d’avoir les sentiments que sa naissance devait lui inspirer… » (L. ELEGOET, op.cit.)

Sources :
- Registres paroissiaux et d’état-civil de Plouider
- Archives départementales et B.S.A.F.
- Louis ELEGOET, Ancêtres et terroirs, onze générations de paysans de Basse-Bretagne, éditions Ouest-France Université, 1990.
- Isabelle PARC, Les manoirs du pays des abers aux XVè et XVIè siècles, Brest, 1996.


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